En juin 2013, l’eurogroupe avait déjà enjoint à la France de réduire de 0,8 point de PIB son déficit structurel en 2014. Archives/Reuters
Les ministres des Finances des 18 se sont penchés sur les projets de budget des États membres, dix jours après l'évaluation faite par la Commission européenne.
Comme l'exécutif européen, l'eurogroupe voit pour la France « un risque de non-conformité » de son budget 2015 avec les règles budgétaires. Selon la Commission, l'effort structurel (hors effet de la conjoncture) de la France serait de 0,3 point de PIB, contre 0,8 point attendu.
En conséquence, « des mesures supplémentaires sont nécessaires pour permettre une amélioration de l'effort structurel », a indiqué dans un communiqué l'eurogroupe, qui salue les « engagements » pris par Paris pour remédier aux faiblesses de son économie.
Fin novembre, la Commission avait accordé un dernier répit à la France, ainsi qu'à l'Italie et à la Belgique, en renvoyant à début mars son verdict sur leurs budgets.
« Il faudra le moment venu choisir entre deux possibilités », a affirmé hier Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques : soit faire une simple recommandation si la France a fait l'effort demandé, soit exiger des mesures précises visant à réduire le déficit, avec un calendrier. « Toutes les options sont sur la table et la Commission prendra ses responsabilités », a rappelé M. Moscovici.
À Paris, on vise un effort structurel correspondant à 0,5 % du PIB en 2015, le minimum requis par Bruxelles. « Il faut appliquer les règles et les flexibilités qu'elles contiennent », a souligné un responsable sous couvert d'anonymat, estimant que l'effort supplémentaire déjà annoncé, de 3,6 milliards d'euros, devrait suffire pour y parvenir.
Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron est attendu au tournant avec la présentation mercredi de son projet de loi sur l'activité et la croissance, qui rassemble un certain nombre de réformes structurelles notamment, la libéralisation de certaines professions réglementées, l'assouplissement des conditions de travail dominical et la cession de participations de l'État.



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