Ah, si ...
Ah, si Sabah pouvait jeter ne fût-ce qu'un clin d'oeil sur ces chaleureux hommages qui lui ont été rendus après son départ, tous les souffrances, désillusions et moments de solitude s'effaceraient en un instant de la mémoire de son âme !
Ah, si on pouvait penser honorer nos « grands » et parfois nos proches de leur vivant, cela pourrait peut-être atténuer les meurtrissures d'une fin de vie désenchantée.
Dolly TALHAMÉ
* * *
Le folklore en deuil
Hier Wadih el-Safi, après Georges Jurdak, et aujourd'hui Sabah, autant de grandes colonnes du folklore libanais qui s'écroulent l'une après l'autre, laissant cet art en deuil. On dit que dans la vie, personne n'est irremplaçable. Mais parfois, l'exception ne fait pas la règle. Avec tout notre respect pour nos jeunes talents de la musique et de la composition, chaque Libanais ne peut que fredonner ces refrains nostalgiques de Wadih, se souvenir avec émotion du romantisme de Sabah, tandis que ces chansons modernes, qui peut s'en souvenir d'un seul, d'un court couplet ? Notre dabké, qui pourra la refaire vivre dans toute sa splendeur, quand le Liban était considéré comme la plus belle destination touristique de la région ? Sabah, paix à ton âme. Peut-être qu'avec Wadih el-Safi, vous pourrez maintenant vraiment chanter en duo : « Le Liban, ô morceau du ciel. »
Antoine SABBAGHA
* * *
Racistes
En cette fin de journée, le dimanche 30 novembre 2014, j'ai eu honte d'être libanais. Assise dans le bus, une femme, noire de peau, est gênée par un Libanais. Elle se plaint au conducteur qui lui demande (à la femme!) de changer de place. Elle obtempère et, constatant qu'elle éprouvait des difficultés à se déplacer avec deux grands sacs, je me lève pour l'aider. L'ami du conducteur m'a d'abord demandé de ne pas l'aider. Je n'ai pas réagi. J'étais dos au conducteur, portant un sac, quand celui-ci dit : « Dfecha 3al ekher », littéralement « Pousse-la au fond (du bus). » Un feu s'est propagé de mes oreilles à tout mon corps et je n'avais envie que d'une chose, me retourner pour lui donner une leçon. Car il est trop tard pour le racisme au Liban pour essayer de changer les choses culturellement : les racistes sont partout au Liban, les vieux chauffeurs de taxi d'Achrafieh, les conducteurs de van de la Békaa, les ignorants au Sud et au Nord, le racisme à Beyrouth (omniprésent). Car, oui, on est raciste parce qu'on est ignorant (donc qu'on a été mal éduqué par ses parents). On n'aime personne, ni les Noirs, ni les Palestiniens, ni les Syriens, encore moins les femmes de ménage asiatiques (Bangladesh, Sri Lanka) qu'on aime prendre de haut. Le Libanais se sent supérieur, il ne veut pas accomplir les tâches ingrates dont ces immigrés s'acquittent. Et pourtant, c'est lui qui leur est redevable. Il est même leur esclave parce qu'il est dépendant d'eux. Pour construire sa maison, pour laver sa maison, le Libanais (il y a des exceptions) est raciste et nombriliste. Les racistes ne méritent pas de vivre.
Moussa AKRAM
Ah, si Sabah pouvait jeter ne fût-ce qu'un clin d'oeil sur ces chaleureux hommages qui lui ont été rendus après son départ, tous les souffrances, désillusions et moments de solitude s'effaceraient en un instant de la mémoire de son âme !Ah, si on pouvait penser honorer nos « grands » et parfois nos proches de leur vivant, cela pourrait peut-être atténuer les meurtrissures d'une fin de vie désenchantée.
Dolly TALHAMÉ
* * *
Le folklore en deuil
Hier Wadih el-Safi, après Georges Jurdak, et aujourd'hui Sabah, autant de grandes colonnes du folklore libanais qui s'écroulent l'une après l'autre, laissant cet art en deuil. On dit que dans la vie, personne n'est irremplaçable. Mais parfois, l'exception ne fait pas la règle. Avec tout notre respect pour nos jeunes talents de la musique et de la composition,...


"Ah, si on pouvait penser honorer nos « grands » et parfois nos proches de leur vivant, cela pourrait peut-être atténuer les meurtrissures d'une fin de vie désenchantée." ! Superbement sensible et si joliment dit....
09 h 27, le 06 décembre 2014