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Nos lecteurs ont la parole - Élie Michel Nasard

Cette corruption d’où vient tout le mal (suite et non fin)

Suite à mon texte publié dans L'Orient-Le Jour en deux parties (les 17 et 18 septembre 2014), voici d'autres exemples illustrant cette question de corruption, un monstre coupable de tous nos malheurs et qui, si elle n'est pas traitée d'urgence, nous mènera à une ruine certaine.
J'ai suivi à la télé un talk-show où un journaliste connu, parlant de certains politiques libanais, les a qualifiés de simplets (southaj). C'est un de ces termes destinés à atténuer la portée de leurs crimes. Un de nos hommes politiques n'a pas hésité un jour à brûler le drapeau libanais et à interdire l'hymne national dans son fief, sans jamais être inquiété. Dans tout pays normal, la justice le lui aurait fait payer cher.
Il est vrai que, depuis la défaite israélienne au Liban en 2006, nous avons une presque paix à nos frontières sud. Mais de petites agressions continuent d'y avoir lieu, de temps en temps, car notre ennemi est rancunier, arrogant, de nature agressive, revancharde et en même temps lâche, parce qu'il n'attaque que ceux qui sont beaucoup plus faibles que lui. Or, non seulement le Liban n'a jamais réclamé la réunion du Conseil de sécurité pour débattre de ses plaintes, mais il n'en a jamais déposé aucune jusqu'à fin septembre 2014. Pourquoi ? Eh bien pour ne pas indisposer certains de nos tuteurs, éternels protecteurs inconditionnels d'Israël, qui ne cessent de nous faire sentir que nous devrions en plus leur être redevables pour les armes légères presque inoffensives et les munitions qu'ils envoient de temps en temps à notre armée, de manière très médiatisée, tout en nous interdisant d'en acquérir ailleurs. Résultat : de plus en plus de soldats-martyrs tombent sur les champs de bataille, pour insuffisance qualitative et quantitative de matériel militaire. C'est révoltant, parce que nos vaillants soldats sont en train d'être immolés comme des agneaux !
Comble d'injustice : le jour où a eu lieu l'incident de Adayssé, il y a quelques années, certains congressistes américains ont osé réclamer une enquête pour savoir si le coup de feu qui a tué l'officier israélien avait été tiré avec une arme américaine. Tout cela est couvert par nos élus, qui ont poussé le cynisme jusqu'à bouder des armes, efficaces celles-là, offertes par des pays amis gratuitement et sans conditions, afin d'obéir aux ordres qu'ils ont reçus, d'autant plus que dans ce genre de contrats, aucune commission n'est prévue aux intermédiaires-parasites.
À cela s'ajoute le scandale d'EDL et celui du lobby des propriétaires de groupes électrogènes. Ce scandale représente la plus grande partie de notre dette publique. Cela devrait-il permettre à ce lobby de continuer à soutirer des milliards de dollars supplémentaires payés par le citoyen, avec toutes les conséquences désastreuses que cette situation implique, en appauvrissant le pays et en le rendant de plus en plus vulnérable aux plans diaboliques de nos ennemis, tout en encourageant la privatisation de ce secteur contre un montant symbolique ?
Toujours dans le même ordre d'idées, pourquoi n'avons-nous jamais vu un baron de la drogue incarcéré ? Parce que ces hommes sont protégés et que l'on se défoule sur les petits passeurs de quartier, parfois même sur certains consommateurs jeunes non pistonnés, alors que ces derniers devraient être traités comme des malades et non pas comme des criminels.
Enfin, comment ignorer le terrorisme, qui fait l'actualité locale depuis des années, et qui représente une menace sérieuse à la paix et à la stabilité, voire à l'existence même du Liban ? Qui a aidé les organisations terroristes à s'implanter dans certaines régions du pays, particulièrement au nord et au nord-est, avec toute une infrastructure comprenant des terrains d'entraînement, des arrivages réguliers d'armes par voie de mer (a-t-on oublié Lutfallah II ?), des dépôts de munitions, des hôpitaux pour soigner leurs blessés, des campagnes de recrutement de volontaires, le ravitaillement, bref toute une logistique, dont le percement de pistes secrètes pour la libre circulation de tout ce beau monde entre le Liban et la Syrie ? Les responsables sont connus. D'ailleurs, ils ne se cachent même pas, toujours prêts à critiquer notre armée, poussant le cynisme et l'irresponsabilité jusqu'à inviter les soldats d'une certaine confession à déserter s'il arrive à l'armée de tenter de s'immiscer dans leurs affaires.
Toutefois, le summum de la malhonnêteté est représenté par le cas des terroristes islamistes détenus à Roumieh dans des chambres ou suites ( et non pas des cellules), avec room service et repas chauds de qualité, dignes d'hôtels cinq étoiles, téléphones portables et gadgets électroniques dernier cri. L'État en est conscient mais ne fait rien, et le gouvernement ainsi que la justice gardent le silence. Dans une démocratie qui respecte son peuple, des politiques coupables de moins que cela sont acculés à la démission, sans parler de leur exposition à des poursuites judiciaires et de la ruine de leur avenir politique..
Morale de l'histoire : la corruption mène indubitablement à l'injustice, et, par conséquent, à plus de clivage social, donc à l'accroissement du niveau de la misère et du nombre des miséreux, lesquels se trouvent alors dans une situation sans issue. Afin de résoudre leurs problèmes, il ne leur reste parfois que le brigandage, souvent accompagné d'agressions physiques et parfois même de meurtres.
Pour tout cela il devient impératif et urgent d'entamer une vraie campagne anticorruption, destinée à extirper ce mal, si nous voulons sauver notre pays, car ce laisser-aller a beaucoup trop duré. Cela suffit. Il faudrait donc que toutes les bonnes volontés, les ONG et les médias s'en mêlent. Bref, il faut une vraie révolution !

Suite à mon texte publié dans L'Orient-Le Jour en deux parties (les 17 et 18 septembre 2014), voici d'autres exemples illustrant cette question de corruption, un monstre coupable de tous nos malheurs et qui, si elle n'est pas traitée d'urgence, nous mènera à une ruine certaine.J'ai suivi à la télé un talk-show où un journaliste connu, parlant de certains politiques libanais, les a qualifiés de simplets (southaj). C'est un de ces termes destinés à atténuer la portée de leurs crimes. Un de nos hommes politiques n'a pas hésité un jour à brûler le drapeau libanais et à interdire l'hymne national dans son fief, sans jamais être inquiété. Dans tout pays normal, la justice le lui aurait fait payer cher.Il est vrai que, depuis la défaite israélienne au Liban en 2006, nous avons une presque paix à nos frontières sud....
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