Une jeune fille thaïlandaise écrit des tweets à sa copine. La copine meurt de trop d'amour sans retour. La jeune fille s'écrit des tweets à elle-même. L'histoire est celle de toutes les jeunes filles éprises d'absolu sans concession. L'on sort de là meurtri de sa propre adolescence brusquement ressurgie après 20-30 ans d'apnée. La culture pour se rappeler, pour résister : à l'endormissement, au dégoût, au désespoir.
Dehors tout à coup une faune nouvelle. Corps alertes, halés, joie libre des muscles qui jouent sans complexe hors de manches échancrées en ce mois de novembre frileux, sourires respirant la santé, énergie physique éclatant au grand jour, joie de se retrouver, vigueur, vitalité. Cette jeunesse-là (il y a aussi dans cette juvénile communauté des cheveux gris, des rides sans mollesse, cela n'est pas contradictoire), cette jeunesse-là, insoupçonnée jusqu'ici, noyée dans la masse amorphe vouée aux compromis, à la consommation de luxe, aux plaisirs vulgaires, c'est celle des courses en montagne, des deux roues tout-terrain, des skateboards, des vagues et de la vitesse. Rafraîchissant !
Tu t'engouffres avec eux dans une autre salle, un autre monde, une autre résistance : sommets à conquérir, froids intenses, pirouettes aériennes de cyclistes en apesanteur, envols au-dessus de vagues improbables, sauts de l'ange dans le vide, le corps porté au zénith, la nature dans tous ses extrêmes, pas un gramme de graisse ou de spleen, le visage d'un espoir, promesse de lendemains plus vrais.
Le Festival du film européen vient de commencer : nouvelles interrogations, nouveaux rêves, nouveaux horizons en perspective.
Vivien AUDI

