Pour la première fois, Damas et Moscou affirment soutenir les efforts de l’émissaire onusien Staffan De Mistura pour « geler » les combats à Alep, détruite par des mois de violence. Karam al-Masri/AFP
Les forces irakiennes et des tribus alliées ont repoussé une offensive de l'État islamique (EI) contre Ramadi, le chef-lieu de la province stratégique d'al-Anbar que les jihadistes contrôlent déjà en grande partie.
À Ramadi, « nous avons été en mesure de stopper (mercredi soir) l'avancée des combattants près du siège du gouvernement régional », qui était l'objectif de l'assaut de l'EI, a indiqué hier le colonel Haytham al-Daraji, des forces irakiennes. Il a précisé que plus de dix raids aériens avaient visé les troupes jihadistes et que des renforts avaient été envoyés par Bagdad. Après leur déroute au début de l'offensive jihadiste en juin, les forces gouvernementales tentent depuis quelques mois de regagner du terrain avec l'aide des combattants kurdes, de milices chiites et de tribus sunnites, et avec le soutien aérien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Elles ont réussi à reprendre Jurf al-Sakhr, au sud de Bagdad, Baïji, au nord de la capitale, et faire reculer l'EI dans des zones situées aussi au nord. Mais trois des principales villes du pays – Mossoul, Tikrit et Fallouja – restent aux mains des jihadistes.
Dans le nord, les combattants kurdes devaient faire face à une attaque de l'EI dans la province pétrolière de Kirkouk. Les jihadistes « visent Kirkouk et veulent prendre les sites pétroliers », a précisé un commandant peshmerga Westa Rasul. Et à Mossoul, plusieurs sources ont indiqué qu'un commandant de l'EI, Abou Chehab al-Souri, avait été tué hier dans cette ville contrôlée par le groupe. Ces mêmes sources ont aussi indiqué que le principal hôpital de la ville avait reçu une trentaine de corps de jihadistes, peu après des bombardements de la coalition internationale dans la région.
Des dizaines de morts dans la Ghouta
De l'autre côté de la frontière, en Syrie, les troupes du régime ont tué 50 rebelles dans une embuscade mercredi soir à l'est de Damas, selon l'agence officielle Sana. Citant une source militaire, l'agence a indiqué qu' « une unité de l'armée a tué dans une embuscade 50 terroristes qui tentaient de fuir le village de Medaa (dans la Ghouta orientale) vers Dmeir », plus au nord-est. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a de son côté affirmé que 30 personnes avaient péri dans l'attaque. Selon cette ONG, les combattants du Hezbollah ont pris part à cette attaque.
Sur le plan politique, Damas et Moscou ont affiché pour la première fois leur appui aux « efforts » de l'émissaire de l'Onu Staffan De Mistura de « geler » les combats en cours à Alep, a affirmé hier le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem. En octobre, l'émissaire de l'Onu avait proposé d'instaurer des zones de cessez-le-feu pour permettre la distribution de l'aide humanitaire dans ce pays et estimé qu'Alep pourrait être « une bonne candidate » pour ce type de zone.
Par ailleurs, les sites Internet de plusieurs médias occidentaux et de la filiale canadienne du distributeur Wal-Mart ont été piratés hier par des hackers soupçonnés d'appartenir à l'Armée électronique syrienne (SEA), un collectif de pirates informatiques qui soutient le président Bachar el-Assad. Parmi les groupes de médias visés figurent le Daily Telegraph, l'Independent et l'Evening Standard. La Société Radio-Canada et le New York Daily News ont eux aussi dit avoir été victimes de l'attaque.
(Sources : agences et rédaction)

