Le calvaire des animaux va du transport au traitement dans l’abattoir. Photo fournie par AL
On a souvent parlé, ces derniers jours, de l'hygiène alimentaire et de son importance pour la santé humaine. Il faut reconnaître que la fermeture des abattoirs non conformes aux règles est aussi une victoire pour ceux qui ont si souvent dénoncé le mauvais traitement infligé aux bovins et aux ovins qui finissaient dans ces endroits. La loi sur la protection des animaux, qui comporte une clause sur ce sujet, sera bientôt sur la table du Conseil des ministres, a annoncé hier l'association Animals Lebanon (AL), qui participe à son élaboration avec le ministère de l'Agriculture depuis 2011.
Selon le communiqué de l'association, « le ministre de l'Agriculture Akram Chehayeb a promis d'œuvrer à l'adoption de ce texte de loi en Conseil des ministres, alors même que des abattoirs sont fermés suite au scandale alimentaire » qu'a fait éclater le ministre de la Santé Waël Bou Faour. « Si nous voulons aborder cette question d'hygiène alimentaire avec sérieux, il faut améliorer les conditions de vie des animaux, a poursuivi M. Chehayeb, cité par AL. La peur et la souffrance, qui résultent des blessures et des traumatismes, sont de graves causes de stress pour le bétail, et affectent à leur tour la qualité et la valeur de la viande. »
Le projet de loi, s'il est adopté en Conseil des ministres, devra être également approuvé au Parlement avant de devenir effectif. Il comporte les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), dont le Liban est signataire. Ces recommandations incluent un chapitre sur les abattoirs et le traitement des animaux avant l'abattage et durant le transport.
Selon les recommandations de l'OIE, « le personnel qui s'occupe des animaux menés à l'abattoir et qui se charge de l'abattage doit être patient, en nombre suffisant, compétent et familier des recommandations en la matière ». Ce personnel « devrait tenir compte des schémas de comportement de ces animaux, en groupe ou individuellement ». Toujours selon ce document, « chaque abattoir doit être doté d'un plan pour assurer la santé des animaux ».
Jason Mier, le directeur exécutif d'AL, a insisté sur le fait que cette loi devrait être adoptée le plus vite possible. « Des améliorations au niveau des abattoirs, cela signifie que les animaux qui y passent seront mieux protégés et ne seront plus jetés à terre, traînés par leur queue, leur tête, leurs cornes, leurs extrémités ou leur laine », souligne le communiqué d'AL, qui revient sur quelques-unes des pratiques horribles coutumières de l'abattoir de Beyrouth, fermé récemment.

