Moyen Orient et Monde

Quand l’Europe met le turbo

Le point
25/11/2014

- Benjamin Netanyahu : « Jérusalem n'est pas une implantation. C'est la capitale d'Israël. Nous construisons sur une partie de la ville qui nous appartient depuis 50 ans et qui continuera d'être nôtre en cas d'accord de paix. »
- Federica Mogherini : « Les points de peuplement représentent un obstacle à la solution des deux États. De plus, ils sont illégaux. Telle est la position de l'Union européenne. »
Cet échange entre le Premier ministre israélien et la nouvelle responsable de la politique étrangère européenne traduit une tension, qui n'a cessé de monter ces derniers temps entre les 28 et l'État hébreu, en particulier depuis la querelle autour de la mosquée d'al-Aqsa, qui menace de dégénérer en une nouvelle intifada revêtant cette fois un caractère religieux.
On ne le répétera jamais assez, de tous les grands conflits qui ont jalonné les rapports entre les hommes, les plus terribles auront été les guerres de religion, qu'il s'agisse du conflit de Schmalkalde opposant les princes protestants à Charles Quint (1546-47), les affrontements (2 à 4 millions de morts) entre catholiques et Huguenots français (1562-1598) ou de la guerre de Trente Ans (1618-1648). C'est donc à juste raison qu'il faut craindre aujourd'hui de voir déraper la crise israélo-palestinienne, alors que se multiplient et s'aggravent les tensions intercommunautaires dans l'ensemble du monde musulman.
Jérusalem, c'est le kilomètre carré le plus sacré du monde. C'est aussi une mégabombe qui menace à tout moment d'exploser. C'est enfin l'expression d'un déni par le gouvernement de Tel-Aviv, qui a fini par nourrir un net désamour de la part de l'opinion publique européenne, et au niveau des États un basculement en faveur de l'Autorité palestinienne, qui pourrait aller jusqu'à des sanctions frappant les intérêts israéliens – en tout cas jusqu'à la reconnaissance de la Palestine, une mesure déjà adoptée par la Pologne et la Suède que pourraient suivre la France et l'Espagne. La Chambre des communes, quant à elle, a adopté à une confortable majorité (274 contre 12 sur un total de 650 élus) une recommandation en ce sens.
Les Nations unies avaient entériné par un vote intervenu en 1947 le partage de la Palestine et l'internationalisation de Jérusalem. À la suite de la guerre, l'année suivante, et les accords d'armistice, c'est à la Jordanie qu'échut la responsabilité de la partie orientale, perdue durant la guerre de juin 1967 et annexée par Tel-Aviv qui fit de la cité « réunifiée » sa « capitale éternelle », non reconnue en tant que telle par l'Onu et par les États membres.
Le grignotage n'a jamais cessé depuis, aussi bien à Jérusalem que sur la rive occidentale du Jourdain où ont fleuri non moins de 263 points de peuplement abritant plus d'un demi-million de colons. Et il y a quelques jours, « Bibi » a donné son feu vert à la création dans la vieille ville de 2 600 unités de logement. « Le problème n'est pas là, s'obstine contre toute évidence Netanyahu. Il est dans notre existence même, dans le refus de reconnaître Israël dans ses frontières. » On aimerait le prendre au mot et lui demander de définir la délimitation d'un pays qui n'a jamais cessé d'éluder la question, sauf à évoquer un territoire allant du « Nil à l'Euphrate ». Et pourquoi pas des Cornouailles à l'Oural, comme le chantait l'inoubliable Isabelle Aubret ?...
« Résidents permanents » mais non citoyens à part entière comme les autres Arabes de l'État hébreu, les 300 000 Palestiniens de Jérusalem-Est, soit 37 pour cent de la population, continuent d'être traités en parias par l'occupant, lequel n'épargne aucun effort pour effacer jusqu'à l'idée même de deux États. La riposte de l'UE pourrait être douloureuse. Elle consisterait en une série de sanctions qui frapperaient les échanges entre les deux parties, représentant l'équivalent de quelque 37,4 milliards de dollars annuellement.
Pour en finir avec les tergiversations, les louvoiements, les mensonges et les faits accomplis, les Européens ont mis cette fois le turbo. Federica Mogherini, encore elle : « J'ai vu le jour alors que ce conflit faisait déjà rage. Cela pourrait continuer des décennies durant et la violence à Gaza reprendre d'un moment à l'autre. » Et ceci pour conclure : « Nous demandons aux deux parties de reprendre les négociations non pas dans trois ou six mois, non pas dans un an mais tout de suite. »
Du jamais entendu à Tel-Aviv.

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Beauchard Jacques

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Ma Fi Metlo

Pourquoi on ne dit pas un mot sur "l'ultimatum" de nathan videur a la france d'hollandouille ????
Je m'attendais a ce que Merville en parle ,meme s'il en dit plus qu'assez pour denoncer l'innommable apartheid et xenophobie des usurpateurs ! pourquoi cette frilosite de l'olj a faire un article sur cette nouveaute , les choses bougent et changent il faut le voir et le dire , on ne peut plus vivre dans l'Injuste d'un pays sans frontiere qui demande a etre reconnu dans ses frontieres (????!!!) . Si le hezb resistant n'avait pas combattu vaillemment pour les bouter hors du Liban ils y seraient encore et auraient decrete une frontiere au niveau de Nabatiyeh par exemple . Excusez moi si je fais du Ziad Makhoul a l'envers , mais on est dans le sujet en ce qui me concerne ! Avec Leila Shahid qui passé aujourd'hui sur les colonnes et cet article de Merville , y a pas a dire on est comble , nous les combattants pour le retour au JUSTE .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET S'ILS METTAIENT... LE TURBAN !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL FAUT QUE SOIT RESPECTÉE LA RÉSOLUTION DE L'ONU DE 1947 ET QU'ON Y METTE UN TERME À L'APARTHEID ET AU FASCISME !

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