UEM : CPI énergie et prix des produits pétroliers (variation annuelle %)
La BCE n'est décidément pas chanceuse avec l'inflation. Le repli de l'inflation à partir de 2012 était dû en large partie au recul des prix de matières premières et à la hausse de l'euro. Ce dernier effet s'est inversé et on pouvait penser il y a encore quelques mois que les effets de base sur les prix de l'énergie allaient redevenir positifs. Or depuis l'été dernier, le prix du pétrole chute lourdement. Même si le choc est bienvenu pour la croissance, il ne l'est pas pour l'inflation. Par suite, le taux annuel d'inflation pourrait baisser de 0.4 % à 0.3 % sur un an, voire 0.2 %, l'inflation « core » restant stable à 0.7 %. Cet effet pétrole va se prolonger plusieurs mois. Historiquement, les prix à la pompe réagissent en Europe avec beaucoup plus d'inertie qu'aux États-Unis du fait du poids des taxes. Le scénario central n'est donc pas celui d'une nouvelle forte baisse de l'inflation, qui irait alors en territoire négatif. Si, malgré tout, cela devait arriver, le résultat serait désastreux en termes d'affichage. L'échec de la BCE serait complet. La dépréciation de l'euro offre une compensation. D'après les modèles, une baisse de 10 % de l'euro contre le dollar (ce qui est à peu près la correction constatée en six mois) est censée augmenter l'inflation « core » de 0.2 à 0.5 point. Une nouvelle fois, les projections d'inflation de la BCE du mois prochain vont partir d'un niveau plus bas. Le redressement espéré sera sans doute largement décalé sur 2016. Les attentes de QE souverain, déjà fortes, s'en trouveront confortées.

