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Économie - Crise

La Banque du Japon garde le moral malgré la récession

Le Japon est en récession, mais sa Banque centrale, muette sur les récentes décisions du gouvernement, veut croire que cette situation n'est que temporaire : elle entrevoit toujours une « reprise modérée ».

« L’économie japonaise devrait continuer à se redresser modérément », a souligné la BoJ dans un communiqué. Archives/AFP

Le comité de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ), quasiment unanime (huit voix contre une), a maintenu hier son diagnostic économique et son ton plutôt optimiste à l'issue d'une réunion de deux jours, malgré la sévère contraction du produit intérieur brut (PIB), de 1,9 % au deuxième trimestre, puis de 0,4 % au troisième.
« L'économie japonaise devrait continuer à se redresser modérément », même si « des signes de faiblesse persistent, particulièrement du côté de la production », en raison du recul de la consommation observé depuis le passage de la TVA de 5 % à 8 % début avril, a souligné la BoJ dans un communiqué.
Les effets négatifs de cette pression fiscale accrue sont amenés à « se dissiper progressivement », a-t-elle estimé.
Les analystes s'attendaient à un autre discours. « L'économie est dans un état grave, c'est un peu étrange que la Banque centrale garde le même point de vue », s'est étonné Tsuyoshi Ueno, du NLI Research Institute.
En revanche, son statu quo monétaire n'a pas surpris au vu de sa décision, prise il y a deux semaines à peine, d'étendre son programme de rachats d'actifs.
L'institution, bien que divisée, avait décidé fin octobre d'accroître la base monétaire de 80 000 milliards de yens (550 milliards d'euros) par an, contre 60 à 70 000 milliards auparavant, dans l'espoir d'atteindre au plus vite 2 % d'inflation. Ce geste avait aussitôt dopé les marchés boursiers et tiré le yen au plus bas face au dollar.
La déclaration de la BoJ, particulièrement confiante sur les exportations, l'investissement immobilier et la consommation des particuliers, « suggère qu'un assouplissement supplémentaire n'est pas au programme à court terme », a relevé Marcel Thieliant, de Capital Economics.
Pour autant, « nous pensons que l'inflation va rester durablement inférieure à l'objectif de 2 %, donc il lui faudra agir de nouveau », avertit-il, pariant sur une augmentation à 90 000 milliards par an au printemps prochain.

« Garantir la confiance »
Cette réunion était très attendue après le choix du Premier ministre de reporter une deuxième hausse de taxe et de convoquer des élections anticipées.
Prenant acte du marasme économique, qui remet en cause sa stratégie « Abenomics » à trois flèches (budgétaire, monétaire, réformatrice), Shinzo Abe a renoncé à relever de nouveau la taxe sur la consommation (à 10 %) en octobre 2015, comme le prévoyait pourtant la loi, par crainte que l'archipel ne retombe dans la déflation qui a tant miné la troisième puissance économique mondiale.
Partisan d'un tour de vis fiscal supplémentaire, le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, s'est refusé à tout commentaire mercredi, mais a tout de même mis en lumière indirectement les risques liés à ce report.
« De façon générale, il est nécessaire de garantir la confiance dans la politique financière du pays », a-t-il asséné. Et d'ajouter : « J'espère que le gouvernement mettra en œuvre les mesures nécessaires en vue d'un assainissement » des comptes du Japon, à la dette publique vertigineuse (près de 250 % du PIB).
« M. Kuroda rappelle à M. Abe qu'il ne doit pas tenir pour acquis le soutien de la Banque centrale », ont commenté les analystes de Capital Economics.
Comme pour rassurer le gouverneur, acteur-clé de sa politique économique, le Premier ministre s'était dit mardi soir attaché à la discipline financière. « Je ne cesserai pas de brandir ce drapeau-là », avait-il assuré, promettant un équilibre budgétaire, hors charge de la dette, d'ici à la fin de la décennie.

Le comité de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ), quasiment unanime (huit voix contre une), a maintenu hier son diagnostic économique et son ton plutôt optimiste à l'issue d'une réunion de deux jours, malgré la sévère contraction du produit intérieur brut (PIB), de 1,9 % au deuxième trimestre, puis de 0,4 % au troisième.« L'économie japonaise devrait continuer à se redresser modérément », même si « des signes de faiblesse persistent, particulièrement du côté de la production », en raison du recul de la consommation observé depuis le passage de la TVA de 5 % à 8 % début avril, a souligné la BoJ dans un communiqué.Les effets négatifs de cette pression fiscale accrue sont amenés à « se dissiper progressivement », a-t-elle estimé.Les analystes s'attendaient à un autre discours....
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