Roger Federer, blessé au dos, a renoncé à affronter Novak Djokovic dimanche en finale du Masters à Londres, plongeant le camp suisse dans le doute à cinq jours de la finale de la Coupe Davis face à la France.
Le n° 2 mondial a évité de donner des précisions sur la gravité de son état, se contentant d'annoncer au public londonien qu'il était incapable de défendre ses chances d'un septième titre au Masters. « Je ne peux pas jouer, c'est trop risqué à mon âge », a déclaré l'Helvète, âgé de 33 ans, quelques minutes avant le début de son match contre le n° 1 mondial. Federer a aussi discuté avec Djokovic et les déclarations de ce dernier à la presse ne rassureront pas les supporteurs suisses. « J'ai parlé avec lui ensuite et pour la Coupe Davis, lui-même ne sait pas. Il y a un point d'interrogation », a dit le Serbe.
Le Suisse a expliqué ensuite, sur Facebook, qu'il avait payé les conséquences de sa demi-finale acharnée : « Je me suis blessé hier (samedi) lors de mon match contre Stan (Wawrinka). Cela a été une décision incroyablement difficile à prendre parce que j'adore jouer à Londres. Je suis très déçu et j'espère me sentir rapidement mieux. »
Moral positif
« J'ai tout essayé depuis hier, les antidouleurs, le repos, jusqu'au dernier moment, mais je ne peux pas m'aligner. On essaye toute l'année d'être prêt pour le Masters et je ne souhaitais pas que cela finisse comme ça », s'est encore justifié Federer. « Je souhaite récupérer le plus vite possible, rallier ensuite la France et me tenir prêt pour cette finale sur terre battue », a-t-il assuré.
Pour quand espère-t-il une amélioration ? « Dans quelques jours. C'est une pointe dans le dos. Mais je reste positif et j'espère que ça va vite passer », a dit du bout des lèvres le champion, qui n'avait déclaré forfait que deux fois dans sa carrière et n'a jamais abandonné.
Le Suisse n'a pas donné de conférence de presse, probablement pour s'épargner une avalanche de questions sur la nature exacte de sa blessure et ses chances de participer à l'énorme échéance à venir. Federer a en effet une extraordinaire occasion de décrocher à Lille, le week-end prochain, une Coupe Davis qui est l'un des deux seuls titres majeurs qui manquent à son gigantesque palmarès avec l'or olympique en simple.
Précaution ou nécessité ?
Alors certes, son dos est un vrai problème depuis 2013, certes il a dû s'employer deux heures et 48 minutes samedi soir pour éliminer (4-6, 7-5, 7-6) son coéquipier Wawrinka. Mais, visuellement, il n'a pas semblé plus affecté que cela quand il s'est présenté en tenue décontractée sur le court pour expliquer sa décision. Plutôt souriant, il s'est adressé au public et a même signé quelques autographes avant de regagner les couloirs de l'O2 Arena.
Ces éléments ne permettent pas d'écarter un retrait décidé par précaution plus que par nécessité absolue, même si cette thèse ne convainc absolument pas Djokovic. « Je ne pense pas qu'il ait cherché à s'économiser, à se préserver avant la Coupe Davis. Après une finale de grand chelem, celle-ci est le match le plus important de la saison. Il ne s'est retiré que trois fois en plus de 1 000 matches, il n'y a rien à lui reprocher », a estimé le joueur serbe.
Si cette blessure devait empêcher Federer de disputer la finale tant attendue à Lille, il s'agirait d'une catastrophe pour son pays, qui se demande déjà comment Wawrinka aura digéré la déception de son élimination londonienne. « Ce sera intéressant de voir comment Roger aura récupéré demain contre Novak », s'interrogeait déjà le n° 4 mondial, immédiatement après leur duel homérique.
Colin DRONIOU/AFP
Les frères Bryan, rois du double...
Les frères jumeaux américains Bob et Mike Bryan, nos 1 mondiaux en double, ont été sacrés au Masters, grâce à une victoire difficilement obtenue sur la paire croato-brésilienne Ivan Dodig/Marcelo Melo au jeu décisif 6-7(5), 6-2, 10/7, dimanche à Londres. À 36 ans, les inusables frères Bryan ont remporté le quatrième Masters de leur carrière, onze ans après le premier. Ils avaient également été les « maîtres » en 2004 et 2009. La paire américaine remporte également de la sorte le 103e titre ATP de sa carrière et termine 2014 à la première place mondiale en double pour la dixième fois en douze ans.
Classement ATP : Djokovic au sommet
Novak Djokovic, vainqueur du Masters de Londres sur forfait de Roger Federer dimanche, termine l'année 2014 au sommet de la hiérarchie mondiale, selon le classement ATP publié hier. Le Serbe, qui a terminé sa saison sur un nouveau titre, le 3e consécutif au Masters, s'était assuré de conserver sa place de n° 1 mondial en fin d'année en atteignant les demi-finales à Londres. Le Masters n'a ainsi apporté aucun changement dans le classement des 24 meilleurs joueurs mondiaux, mais le Français Julien Benneteau intègre le top 25 (+1 place).
1. Novak Djokovic (Srb) 11 510 points
2. Roger Federer (Sui) 9 700
3. Rafael Nadal (Esp) 6 835
4. Stan Wawrinka (Sui) 5 295
5. Kei Nishikori (Jpn) 5 025
6. Andy Murray (G-B) 4 675
7. Tomas Berdych (Tch) 4 665
8. Milos Raonic (Can) 4 440
9. Marin Cilic (Cro) 4 150
10. David Ferrer (Esp) 4 045
11. Grigor Dimitrov (Bul) 3 645
12. Jo-Wilfried Tsonga (Fra) 2 740
13. Ernests Gulbis (Lat) 2 455
14. Feliciano Lopez (Esp) 2 130
15. Roberto Bautista (Esp) 2 110
16. Kevin Anderson (AfS) 2 080
17. Tommy Robredo (Esp) 2 015
18. John Isner (É-U) 1 890
19. Gaël Monfils (Fra) 1 825
20. Fabio Fognini (Ita) 1 790.

