Le ministre sortant américain de la Justice Eric Holder a fait cette annonce lors d'une conférence de presse, après une réunion de travail avec ses homologues européens.
"Avec le soutien du Bureau d'antiterrorisme du département d'Etat, le ministère de la Justice a détaché des procureurs fédéraux et des hauts conseillers de maintien de la loi dans des régions clés (...) pour travailler avec les pays qui cherchent à améliorer leur capacité à enquêter et à traduire en justice les combattants étrangers terroristes", a déclaré M. Holder.
Le ministre a indiqué que ces professionnels de la justice fourniront "une assistance cruciale à nos alliés pour les aider à poursuivre ceux qui reviennent de Syrie".
La coopération se fait en matière "de partage d'information, d'enquêtes, de poursuites judiciaires et de lutte contre l'extrémisme violent", a-t-il dit.
Un haut responsable du ministère de la Justice a précisé à quelques journalistes qu'environ 70 procureurs travaillent ainsi dans les pays concernés: Albanie, Bosnie, Croatie, Kosovo et Serbie, ainsi que des pays non précisés d'Afrique du Nord et du Moyen Orient, "de l'Algérie au Maroc, jusque dans l'ouest de l'Afrique".
Un procureur régional spécialiste de l'antiterrorisme a récemment été basé en Albanie pour coordonner le travail dans les Balkans, et le directeur de l'Institut international pour la Justice et l'Etat de droit (International Institute for Justice and the rule of law) vient de s'installer à Malte.
"Ils ne sont pas là pour mettre en place un système judiciaire américain", a insisté ce responsable, "ils travaillent sur la loi en priorité pour voir s'il y a des pratiques judiciaires que nous pouvons aider à faire progresser" et pour vérifier si le pays dispose de "lois conformes à la convention de l'ONU sur l'antiterrorisme".
Ce haut responsable a précisé que les pays avaient été choisis sur "évaluation" américaine.
Evoquant "l'impact" de la lutte contre les jihadistes sur la mobilité entre l'Europe et les Etats-Unis, le commissaire européen pour la Migration, les affaires intérieures et la citoyenneté, Dimitris Avramopoulos a souligné que l'UE "observait de près le débat aux USA, en particulier ceux qui appellent à une approche plus contraignante sur le programme d'exemption de visas".
Plaidant pour le principe de "réciprocité" entre les Etats-Unis et l'UE, M. Avramopoulos a espéré que "toutes ces mesures prises ne deviennent pas des obstacles à la liberté de mouvements" en Europe. "Je ne peux pas imaginer le retour des visas en Europe", a-t-il dit lors de la même conférence de presse, estimant que le programme ESTA (Electronic system for Travel Authorization) mis en place entre les Etats-Unis et l'UE était "une grande réussite".


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