Après des mois de campagne et des milliards de dollars de dépenses électorales, les Américains éliront demain le Congrès qui votera les lois pour les deux dernières années du mandat de Barack Obama, des élections serrées où les républicains sont favoris. Toute la Chambre des représentants et le tiers environ du Sénat seront renouvelés, mais la nouvelle majorité dépendra de seulement dix sénatoriales à suspense, où les démocrates craignent un vote-sanction décisif contre le président des États-Unis. Pour la première fois depuis 2006, les républicains sont en position de dominer les deux chambres du Congrès, la Chambre étant assurée de rester à majorité républicaine. « Une voix pour les démocrates est une voix pour Barack Obama », répètent méthodiquement les républicains, un argument simplissime issu d'un constat sans appel : le président américain reste impopulaire, avec 41 % d'opinions favorables selon le baromètre Gallup. Mais la frustration des Américains touche l'ensemble de la classe politique, pas seulement les démocrates. Plus de 75 % des Américains désapprouvent le travail du Congrès, un record. Cette défiance n'a pas conduit à une massive vague républicaine, ce qui explique que les sondages restent serrés et rend la soirée électorale de demain imprévisible. En attendant, Barack Obama s'est contenté de déplacements sûrs dans des États qui lui sont majoritairement favorables (Maine, Rhode Island, Michigan, Pennsylvanie, Connecticut depuis jeudi). L'omniprésente Hillary Clinton (notre photo Brian Snyder/Reuters), peut-être en prélude à une campagne présidentielle, a en revanche multiplié les meetings de soutien (Louisiane, New Hampshire, Kentucky, Iowa, Colorado, Caroline du Nord...), avec un message sur mesure pour mobiliser les électrices. Un Congrès républicain aggraverait-il la paralysie politique à Washington, ou ouvrirait-il la porte à une nouvelle ère de coopération ? Les priorités démocrates – augmentation du salaire minimum fédéral ; loi sur l'égalité salariale ; environnement ; loi anti-discriminations LGBT au travail... – seraient remisées. Les républicains tenteront d'abroger la réforme du système de santé symbolique du premier mandat de Barack Obama, le désormais fameux Obamacare, et de revenir sur des réglementations environnementales pour doper la production pétrolière. Mais les républicains voudront aussi présenter un bilan fructueux à la présidentielle de 2016, et pour obtenir des résultats, il leur faudra négocier avec Barack Obama qui conserve son pouvoir de veto...
(Source : AFP)

