Le ministre de la Justice Achraf Rifi s’exprimant devant la Chambre de commerce et d’industrie de Tripoli. Photo Ani
Il semblerait qu'une nouvelle ère se soit ouverte à Tripoli : la capitale du Liban-Nord est en train d'être désarmée – une revendication maintes fois réclamée par les édiles de la ville, à commencer par l'ancien Premier ministre Nagib Mikati avant qu'il ne forme son dernier gouvernement.
Mais il n'y a pas que le désarmement. Il y a aussi, dans le même temps, le lancement de tout un chantier de
(re)construction et de redynamisation des institutions à même de redonner à Tripoli toute sa force économique, commerciale et touristique. Et, aussi, à restimuler l'emploi par le truchement de tous les projets qu'entend initier le CDR, comme l'a indiqué à L'Orient-Le Jour le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas. « Ce désarmement est le plus grand investissement que puisse faire la ville », a souligné M. Derbas. Signalons à ce sujet que la couverture politique donnée à l'armée au Nord (notamment par Saad Hariri et le courant du Futur) est inédite et absolument totale, ce qui facilite grandement ce désarmement.
Les projets abondent
Le port de Tripoli d'abord et, à l'intérieur, la voie ferrée qui s'étend jusqu'à la frontière syrienne sont à l'étude. « Cela reliera le Liban à l'Europe, et son coût s'élève à 30 millions de dollars », et cette somme est disponible dans le cadre d'une enveloppe de 100 millions de dollars dont seuls 5 ont été dépensés. Ce port, une fois la guerre en Syrie terminée et l'opération de reconstruction lancée, aura une importance stratégique capitale, assure-t-on.
Le deuxième projet s'étend sur 550 000 mètres carrés, près du port, et servira de QG à la Ligue économique privée, créée légalement en 2008. Un conseil d'administration sera désigné et cette ligue sera gérée sans contrôle préalable. Sur ces 550 000 m², des hôtels, des salles d'exposition et des usines seront construits.
Troisième projet : la création d'un centre-ville commercial à Tripoli, dans le quartier du Tell, place Gamal Abdel Nasser. Quatre étages en sous-sol sont prévus, dont des parkings, ainsi que des gares pour l'ensemble des voyageurs dans le Nord. Le coût de ce projet est également assuré par l'enveloppe des 100 millions...
Quatrième projet : la construction d'un abattoir moderne de 27 millions de dollars, dont une grande partie est déjà assurée.

