L’avenir des marins de la SNCM est désormais suspendu à la volonté des actionnaires de l’entreprise. Photo Bigstockphoto.com
C'est la fin du sursis pour la compagnie maritime SNCM, dont l'actionnaire majoritaire Transdev va provoquer le dépôt de bilan en tout début de semaine, a rapporté l'AFP. La multinationale française qui compte parmi les principaux opérateurs de transports publics dans le monde va, en effet, exiger le remboursement immédiat des créances de sa filiale.
Le président du directoire, Olivier Diehl, devrait ainsi consulter dès aujourd'hui le comité d'entreprise de la SNCM, suspendu depuis mercredi, avant d'aller déposer le bilan de l'entreprise au tribunal de commerce de Marseille. La compagnie de navigation maritime doit, pour sa part et à compter de lundi, rembourser de manière anticipée 103 millions d'euros de prêts que lui avait accordés Transdev (actionnaire à 66 %), ainsi que 14 millions d'euros avancés par Veolia. Rappelons que le leader mondial des services collectifs est l'un des coactionnaires de Transdev avec la Caisse des dépôts et consignations. La SNCM devrait donc se retrouver en cessation de paiement, point de départ d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire. À noter que cette échéance coïncide avec la fin du moratoire signé en juillet pour mettre un terme à un mouvement de grève des marins du transporteur maritime et qui bloquait toute procédure collective de nature commerciale jusqu'au 31 octobre 2014.
« Les sommes qui doivent être remboursées par la SNCM pourront être mises à disposition des organes de la procédure dans le cadre du redressement judiciaire », a précisé Transdev.
La multinationale soutient également que « les deux actionnaires ne font que mettre à exécution un plan prévu depuis de nombreux mois, avec le soutien de l'État, actionnaire à 25 % ». Cette procédure est même perçue par ses initiateurs comme une « étape technique qui va permettre à la compagnie à la fois d'effacer l'ardoise de Bruxelles et de trouver de nouveaux actionnaires ». Rappelons que la SNCM se trouve en effet sous le coup de deux condamnations européennes à rembourser des aides publiques jugées illégales, pour un total supérieur à 400 millions d'euros.
Du côté des syndicats, on considère que les actionnaires ont « délibérément placé leur filiale dans une position de cessation de paiement organisée soulignant que la SNCM disposerait actuellement de 35 millions d'euros disponibles en banque, en plus d'un actif naval évalué par certains experts à près de 220 millions d'euros ».
La SNCM compte environ 2 000 emplois, dont 1 508 CDI, et fait vivre de nombreux sous-traitants sur le port de Marseille.
Début octobre, la direction de la compagnie avait défini un « périmètre à l'équilibre » qui comprendrait entre 800 et 1 000 emplois.

