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À La Une - Elections

Ukraine : l'Est séparatiste prorusse vote en défiant Kiev et les Occidentaux

L'Ukraine dénonce un déploiement "intense d'équipements et de troupes" en provenance de la Russie à Donetsk.

Les régions séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont commencé à voter dimanche pour élire leurs présidents et leurs parlements dans un scrutin soutenu par Moscou mais dénoncé par les Occidentaux et qui risque de compliquer les efforts de paix. AFP PHOTO / MAX VETROV

Les régions séparatistes de l'est de l'Ukraine votaient dimanche pour élire leurs présidents et leurs Parlements en défiant Kiev et les Occidentaux dans un scrutin qui peut mettre en cause le fragile processus de paix.
Les élections dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk, que Moscou a promis de reconnaître, risquent de sceller la perte par Kiev de territoires rebelles à l'issue d'un conflit de six mois qui a fait plus de 4 000 morts après l'annexion en mars de la Crimée par la Russie.

En pleines élections, un porte-parole militaire ukrainien a dénoncé un déploiement "intense d'équipements et de troupes" en provenance de la Russie. Il était interrogé sur les images vidéos diffusées par des médias ukrainiens sur lesquelles on voit plusieurs dizaines de camions militaires sans plaques d'immatriculation, présentés comme "colonne russe dans les rues de Donetsk".

Des journalistes de l'AFP ont observé dimanche après-midi une colonne d'une vingtaine de camions militaires, dont plusieurs transportant des mitrailleuses antiaériennes allant vers l'aéroport de Donetsk, épicentre des combats ces derniers mois entre rebelles et forces ukrainiennes.

Les Occidentaux ont d'ores et déjà fustigé ce scrutin qui va compliquer les efforts de la paix dans la crise ukrainienne ayant entraîné la pire dégradation des relations avec la Russie depuis la fin de la guerre froide.
Les autorités ukrainiennes issues de la contestation du Maïdan à Kiev, réprimée dans le sang en février et ayant entraîné la chute du régime prorusse, ont qualifié le vote d'"illégal". Les services de sécurité ukrainiens ont annoncé l'ouverture d'une enquête criminelle pour tentatives de "prise de pouvoir" et "changement de l'ordre constitutionnel".

A Donetsk, bastion séparatiste où des tirs en provenance de l'aéroport ont été moins intenses que la veille, des électeurs ont afflué dès le petit matin dans une école sur le boulevard du Cinquantième anniversaire de l'URSS. Il n'y avait pas parmi eux de jeunes bien que l'âge de vote ait été abaissé à 16 ans.
"J'espère que notre vote va changer quelque chose. Peut-être que nous allons finalement être reconnus comme un vrai pays, indépendant", a déclaré Tatiana Ivanovna, 65 ans, qui travaille dans un institut scientifique.
"Il faut qu'on vive normalement. C'est insupportable d'avoir peur pour sa famille à chaque bombardement", a indique Valeri Vitalievitch, 50 ans.

Trois soldats tués
Pour le "Premier ministre" de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko dont la victoire ne fait guère de doute, ce vote "permettra de constituer un gouvernement légitime".
Ce mécanicien de 38 ans avait dirigé à Donetsk la cellule locale du groupe paramilitaire Oplot dont le chef avait publiquement appelé à "crever un oeil ou casser une jambe" aux opposants pro-européens avant d'être nommé "Premier ministre" en août en remplacement d'un citoyen russe.

A Lougansk, autre place-forte des séparatistes, l'ex-militaire de 50 ans Igor Plotnitski, très attaché au passé soviétique, devrait être confirmé dans ses fonctions.
Dans cette région, les élections ont débuté au son des lance-roquettes multiples Grad dans la localité de Guirské tirés par les rebelles, a affirmé le gouverneur pro-Kiev de la région Guennadi Moskal.

A Kiev le porte-parole militaire Andriï Lyssenko a fait état de trois soldats ukrainiens tués en 24 heures, dont deux dans une explosion dimanche matin sur un barrage ukrainien à l'entrée de Marioupol, port stratégique su les bords de la mer d'Azov et dernière grande ville de l'Est contrôlée par Kiev et que M. Zakhartchenko a récemment promis de reprendre par la force.
La veille, Kiev a annoncé la perte de sept soldats, l'un des plus lourds bilans depuis septembre.

Fausse OSCE
Le président ukrainien Petro Porochenko a dénoncé samedi "les pseudo-élections que les terroristes et les bandits veulent organiser sur les territoires occupés" et le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, à l'instar de Bruxelles, a estimé que le scrutin allait "sérieusement ébranler les accords de Minsk".
Ces accords, signés le 5 septembre entre Kiev, les rebelles, Moscou et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), portent sur un cessez-le-feu et devaient être une première étape dans le processus de paix.

Sur le terrain le cessez-le-feu semble être de plus en plus virtuel avec une reprise des combats dans plusieurs zones qui ont fait plus de 300 morts au cours des dix derniers jours, selon un bilan établi par l'Onu.

Aucune organisation internationale n'a envoyé d'observateurs pour ces élections.
Alors que les médias russes publient des commentaires d'"observateurs internationaux" sur le scrutin, Kiev a accusé la Russie de "manipulation" avec la mise en place d'une fausse OSCE, l'"ASCE" (Association pour la sécurité et la coopération en Europe) réunissant des "hommes politiques de droite italiens et autrichiens".

 

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Commentaire
Moins bien que durant la guerre froide...

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