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Moyen Orient et Monde - Reportage

« Il est temps de tourner la page »

Dans la joie, les Tunisiens accomplissent le « devoir » du vote.

Dans un pays en quête de stabilité politique, l’élection d’hier s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur, comme le montre ce cliché de jeunes femmes prenant en photo leur pouce trempé d’encre. Fadel Senna/AFP

Dans le calme et la joie, les Tunisiens ont fait la queue hier pour élire leur Parlement, les électeurs brandissant fièrement leur doigt taché d'encre indélébile, signe qu'ils ont accompli leur « devoir » de citoyens. « Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, je suis devant le bureau de vote depuis 05h 00 du matin. J'attends ce moment historique depuis des semaines ! » s'exclame Néji Mansour, un ingénieur de 46 ans venu voter au Bardo, dans la banlieue de Tunis. Dans une salle de classe ornée de dessins d'enfants, Néji présente sa carte d'identité à un agent électoral qui lui demande de tremper son index gauche dans un petit flacon d'encre indélébile, avant de se diriger vers l'isoloir constitué d'un carton posé sur une table d'écolier. Sous le regard de représentants de partis politiques et d'observateurs indépendants, Néji plie son bulletin en quatre et le glisse fièrement dans l'urne. « Enfin les élections ont eu lieu ! Enfin j'ai voté, j'ai choisi mon représentant au prochain Parlement ! » déclare-t-il avec émotion.
Comme lui, beaucoup disent être venus voter par « devoir », malgré une campagne électorale monotone et une désaffection généralisée pour les partis politiques près de quatre ans après une révolution qui avait fait naître d'immenses espoirs. « Voter, c'est la moindre des choses. Quoi que je pense des partis, c'est mon droit et mon devoir », dit ainsi Haïfa Madfii, une jeune femme venue voter dans le centre-ville de Tunis. « Pour être franche, c'est par devoir que je suis venue voter et non par conviction dans les listes en lice », admet de son côté Safa Helali, une enseignante de 27 ans. « Le plus important maintenant, c'est le résultat de ce scrutin. Après tout ce que nous avons vécu durant ces trois dernières années, j'espère que les Tunisiens feront un choix mûr et responsable », ajoute-t-elle.

Stabilité
Depuis la révolution de 2011, la Tunisie a connu de nombreuses turbulences : crises économique et politique, assassinat de deux opposants, mort de dizaines de membres des forces de l'ordre dans des incidents liés à des groupes jihadistes. Beaucoup d'électeurs disent donc voter dans l'espoir de stabiliser le pays après quatre années éreintantes. « C'est un moment important qui va mener le pays à la stabilité », espérait ainsi Hédi Badri, qui votait à Sidi Bouzid (centre-ouest), là où Mohamed Bouazizi s'immola par le feu le 17 décembre 2010, déclenchant la révolution. « Il est temps de tourner la page et de bâtir l'avenir du pays. Il y en a marre du provisoire, des problèmes et de l'instabilité, il faut maintenant tracer un chemin clair », affirme Tozeur Mezni, 69 ans, une habitante de la capitale. « On veut que le pays aille bien, c'est tout », lâche de son côté Lamia Allouchi, une femme au foyer quinquagénaire, tandis que plusieurs personnes se prennent en photo, l'index levé au pied du drapeau tunisien dressé au milieu de la cour de récréation.
Le vote se déroulait largement dans le calme à travers le pays. « Tout se passe bien jusqu'à présent », se félicite le président d'un bureau de vote au Bardo, Lassaad Jebril, en aidant des personnes âgées à trouver leur salle de vote. Cela n'empêche pas les agents de l'ISIE, l'instance chargée d'organiser les élections, de devoir parfois faire respecter les règles avec fermeté. Dans le bureau de Bab Jdid, un quartier populaire de Tunis, un agent refuse ainsi à un couple de voter ensemble. « Le vote est individuel. Il y a des logos pour les personnes analphabètes », oppose-t-il au mari qui insiste pour voter à la place de sa femme. Soudain, des youyous se font entendre. « Une femme vient de voter, elle exprime sa joie », explique une agente de l'ISIE.

Kaouther Larbi/AFP

Dans le calme et la joie, les Tunisiens ont fait la queue hier pour élire leur Parlement, les électeurs brandissant fièrement leur doigt taché d'encre indélébile, signe qu'ils ont accompli leur « devoir » de citoyens. « Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, je suis devant le bureau de vote depuis 05h 00 du matin. J'attends ce moment historique depuis des semaines ! » s'exclame Néji Mansour, un ingénieur de 46 ans venu voter au Bardo, dans la banlieue de Tunis. Dans une salle de classe ornée de dessins d'enfants, Néji présente sa carte d'identité à un agent électoral qui lui demande de tremper son index gauche dans un petit flacon d'encre indélébile, avant de se diriger vers l'isoloir constitué d'un carton posé sur une table d'écolier. Sous le regard de représentants de partis politiques et d'observateurs...
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