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Oscar Pistorius, de l’Olympe sportive à la prison...

Jeux paralympiques - Procès

Condamné à cinq ans de réclusion criminelle, le champion a passé hier sa première nuit en cellule.

OLJ
22/10/2014 | 00h00

À l'issue du plus retentissant procès de l'histoire de la jeune démocratie sud-africaine, le champion paralympique Oscar Pistorius a été condamné hier à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie, et immédiatement incarcéré.
Multiple médaillé chez les handicapés, devenu une icône du sport mondial pour avoir participé aux Jeux olympiques de Londres en 2012 avec les valides, l'homme qu'on appelait « Blade Runner » (le coureur aux lames) – en référence à ses prothèses de carbone en forme de pattes de félin – a dormi hier derrière les tristes murs de la prison Kgosi Mampuru de Pretoria, l'un des 7 000 détenus de cet établissement de sinistre mémoire. Le régime d'apartheid, disparu en 1994, y entassait des prisonniers politiques, et les conditions de détention y étaient notoirement brutales.
À l'énoncé de sa peine, Pistorius est resté prostré, tête basse, comme s'il s'attendait à la punition. La chute est terrible pour ce jeune homme de 27 ans qui avait été décrit en 2012 par le magazine américain Time comme « la définition même de l'inspiration mondiale », et qui signait à tour de bras des contrats avec les plus grands sponsors de la planète sport. Même si l'une de ses avocates, à la sortie du tribunal, a calculé que, dans le meilleurs des cas, il pourrait ne rester que 10 mois en prison, soit le sixième de sa peine comme le permet la loi sud-africaine, avant d'être libéré et placé aux arrêts domiciliaires. En refermant la porte de sa cellule, son gardien a clos une affaire hors norme, qui a mobilisé des centaines de journalistes du monde entier et passionné l'opinion, accrochée aux retransmissions télévisées en direct de l'intégralité des audiences.

La nuit où tout a basculé
C'est dans la nuit de la Saint-Valentin 2013 que son destin a basculé, lorsqu'il a abattu le top model Reeva Steenkamp, devenue sa compagne depuis quelques mois, de quatre balles tirées à travers la porte des toilettes de sa maison de Pretoria. Pistorius a toujours affirmé avoir cru tirer sur un cambrioleur. Et Thokozile Masipa, la magistrate, a rendu en septembre un verdict d'homicide involontaire, très critiqué, notamment par la famille de la victime.
En revanche, la peine de cinq ans prononcée hier semblait faire l'unanimité. Les deux familles, les Pistorius et les Steenkamp, l'ont acceptée. Et les juristes l'ont commentée positivement. « Nous acceptons le jugement, a déclaré Arnold Pistorius, l'oncle du sportif, au nom de la famille. Oscar saisira cette opportunité pour payer sa dette à la société (...) Nous, sa famille, sommes prêts à le soutenir et à le guider pendant qu'il purgera sa peine ». À la sortie des Steenkamp, les journalistes ont vu, pour la première fois depuis longtemps, un sourire sur le visage de June, la mère de Reeva, qui a assisté à l'intégralité du procès. « Ils pensent que c'est correct, ils sont satisfaits du verdict », a déclaré l'avocat des parents.
« J'espère que cette sentence permettra une sorte de conclusion pour la famille (Steenkamp), et qu'elle leur permettra d'avancer dans leur vie », avait dit la juge avant de prononcer la peine. « C'est un verdict à la mesure du crime, a estimé l'avocat de Johannesburg David Dadic. Elle devait lui donner une peine de prison pour envoyer un message clair, pour que l'on comprenne que commettre une telle faute ne peut pas rester sans conséquences. Une peine de substitution ou avec sursis n'aurait pas envoyé le même message. »
Le parquet, lui, hésitait hier à faire appel du verdict. « Nous étions déçus par le verdict d'homicide involontaire, a admis le porte-parole du parquet national, Nathi Mncube. Nous n'avons pas décidé si nous allons faire appel ou non. Nous avons 14 jours pour analyser la loi et nous voulons être certains que les faits et le droit nous permettent de faire appel. »

Banni des JO 2016
Par ailleurs, le Comité paralympique international (CPI) a fait savoir que le sportif, même s'il sortait de prison avant les cinq ans, ne pourrait pas participer aux prochains Jeux olympiques de Rio en 2016. « Il ne pourra participer à aucune compétition durant cinq ans, c'est-à-dire l'intégralité de la peine à laquelle il a été condamnée », a indiqué en Allemagne le porte-parole du CPI, Craig Spence.

Christophe BEAUDUFE et Stéphanie FINDLAY/AFP

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