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Économie

La Bourse, le pétrole et l’hypothétique QE4

Il est établi que le cycle boursier est avancé sur le cycle économique, et comme le dit l'adage attribué au grand économiste Paul Samuelson, la Bourse a prédit neuf des cinq dernières récessions. Autant dire que la capacité prédictive du marché ne va pas sans surréaction, ni faux signal. Nous ne voyons pas dans la forte correction récente des indices boursiers le signe que l'économie américaine est au bord de la récession. Tout indique au contraire que l'économie réelle s'est affermie ces derniers mois. Paradoxalement, c'est peut-être une des causes de la panique récente car cela signifie que la Fed va stopper QE, puis taux zéro, dans les prochains mois. Autrement dit, il va falloir s'habituer à un tout autre environnement monétaire. (L'autre sujet de préoccupation, certainement plus grave, concerne la zone euro, où, à l'inverse des USA, le risque de récession est sérieux.) Après avoir passé des mois à mettre en garde contre un appétit indiscriminé pour les actifs risqués, la Fed pourrait presque se satisfaire de la correction récente. Cela assainit certains marchés dopés au QE. Il est prématuré d'envisager un feedback négatif sur l'économie réelle transitant par des effets de richesse ou, plus simplement, par la psychologie générale des agents.
Une des curiosités de la correction récente est la lecture très sélective que le marché fait de la chute des cours du pétrole. Variable macro par excellence, le pétrole affecte les marges des entreprises, l'inflation, le pouvoir d'achat des ménages. La plupart des récessions américaines ont été causées, en tout ou en partie, par une hausse brutale du prix du pétrole. Une baisse de ce prix devrait donc logiquement être vue sous un angle favorable. Les États-Unis sont un important producteur d'énergie et, à ce titre, une part de leur économie est touchée. Mais la part qui en tire profit est plus large. Le transfert de ressources vers les ménages s'apparente à une réduction d'impôt qui augmente le revenu disponible. La consommation ne s'ajuste pas instantanément mais doit à terme en profiter. Tout cela est ignoré par le marché qui préfère ne voir que l'impact négatif sur le taux d'inflation. Cette semaine, divers officiels de la Fed ont insisté sur le repli des anticipations d'inflation, réévaluant de ce fait le calendrier du QE (extension du QE3, possibilité d'un QE4). À ce stade, ces propos traduisent selon nous un retrait tactique pour apaiser les marchés, mais les intentions de normalisation en 2015 ne sont pas remises en cause.

 

Il est établi que le cycle boursier est avancé sur le cycle économique, et comme le dit l'adage attribué au grand économiste Paul Samuelson, la Bourse a prédit neuf des cinq dernières récessions. Autant dire que la capacité prédictive du marché ne va pas sans surréaction, ni faux signal. Nous ne voyons pas dans la forte correction récente des indices boursiers le signe que l'économie américaine est au bord de la récession. Tout indique au contraire que l'économie réelle s'est affermie ces derniers mois. Paradoxalement, c'est peut-être une des causes de la panique récente car cela signifie que la Fed va stopper QE, puis taux zéro, dans les prochains mois. Autrement dit, il va falloir s'habituer à un tout autre environnement monétaire. (L'autre sujet de préoccupation, certainement plus grave, concerne la zone euro,...
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