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Économie - Réforme

La modulation de l’allocation familiale en France provoque un tollé

« Trahison », « scandale » : le gouvernement socialiste au pouvoir en France fait face à une avalanche de critiques de tous bords, qui l'accusent de mettre à bas la politique familiale du pays en voulant, par souci budgétaire, moduler les allocations selon les revenus.
Revenant sur le principe d' « universalité » – mêmes allocations pour tous – qui fonde depuis plus d'un demi-siècle la politique familiale française, le gouvernement s'est entendu jeudi soir avec les députés de sa majorité sur une baisse des allocations familiales pour les familles les plus aisées.
Cette proposition, qui doit être votée dans le cadre des débats budgétaires au Parlement, devrait concerner 12 % des familles percevant des allocations à partir de l'été 2015.
La ministre de la Santé Marisol Touraine a déclaré hier soutenir « sans réserve » cette « réforme majeure », saluée la veille par le Premier ministre Manuel Valls comme une « mesure de justice ».
Alors que le gouvernement a annoncé vouloir réaliser 50 milliards d'euros d'économies d'ici à 2017, cette réforme doit permettre de réaliser 800 millions d'euros d'économies en année pleine à partir de 2016, et 400 millions d'euros dès 2015, selon les députés socialistes.
Soutenu par huit Français sur dix selon un sondage, le projet suscite en revanche une avalanche de réactions hostiles, du Parti communiste à l'extrême droite en passant par l'Église catholique.
L'association Familles rurales a fustigé le fait que le gouvernement mette « fin à l'un des principes fondateurs de la Sécurité sociale », tandis que l'Union nationale des associations familiales (Unaf) avait jugé dès jeudi « impensable » et « impossible » cette modulation.
Pour le mouvement La Manif pour tous, qui entend défendre la famille traditionnelle après avoir combattu l'an dernier la légalisation du mariage homosexuel, le gouvernement « enterre » purement et simplement la politique familiale.
Chef de file des députés UMP, la principale formation de l'opposition de droite, Christian Jacob a dénoncé un « massacre », tandis que le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent reprochait à l'Exécutif de mettre « le doigt dans un engrenage très dangereux ».
À l'extrême droite, la présidente du Front national Marine Le Pen a réclamé « qu'on arrête de verser des allocations familiales aux étrangers plutôt que de les baisser aux Français ».
Le gouvernement veut réaliser des économies de 700 millions d'euros dans la branche famille de la Sécu l'an prochain. Le projet de partage accru du congé parental est donc maintenu pour atteindre cet objectif (deux ans pour la mère, un an pour le père).
La politique familiale avait déjà subi un coup de rabot en 2013, notamment avec un nouvel abaissement du plafond du quotient familial pour les plus aisés.
Mais les sondages plaidaient en faveur de la modulation, avec près de huit Français sur dix favorables.
Concrètement, les allocations familiales de base (129,35 euros mensuels pour deux enfants) seront divisées par deux à partir de 6 000 euros de revenus mensuels pour un foyer avec deux enfants, et par quatre à partir de 8 000 euros. Il n'y aura pas de changement pour les familles ayant moins de 6 000 euros de revenus.

« Trahison », « scandale » : le gouvernement socialiste au pouvoir en France fait face à une avalanche de critiques de tous bords, qui l'accusent de mettre à bas la politique familiale du pays en voulant, par souci budgétaire, moduler les allocations selon les revenus.Revenant sur le principe d' « universalité » – mêmes allocations pour tous – qui fonde depuis plus d'un demi-siècle la politique familiale française, le gouvernement s'est entendu jeudi soir avec les députés de sa majorité sur une baisse des allocations familiales pour les familles les plus aisées.Cette proposition, qui doit être votée dans le cadre des débats budgétaires au Parlement, devrait concerner 12 % des familles percevant des allocations à partir de l'été 2015.La ministre de la Santé Marisol Touraine a déclaré hier soutenir...
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