Un député du parti de droite UMP, Julien Aubert, se retrouve aujourd'hui financièrement sanctionné par le président de l'Assemblée nationale. M. Aubert s'obstine, suite à plusieurs remarques ainsi qu'une menace d'un rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal, à dire « Madame le président » au lieu de « Madame la présidente » et se défend en disant seulement parler correctement le français. La pénalité financière privera le député pendant un mois de 1 378 euros, soit un quart de son traitement. Son parti se révolte devant cette affaire et qualifie de « scandaleuse » la sanction. Le parti de gauche se défend en disant que l'instruction du bureau de l'Assemblée, prise en 1998 et rappelée en 2000, fait l'obligation de féminiser les fonctions exercées dans l'Assemblée par des femmes. Pour réagir à l'insu de la présidente, les députés du parti de l'UMP se cotiseront pour aider leur collègue.
Alors que l'Assemblée nationale française se réunit pour légiférer, au Liban nous sommes sans président de la République depuis plus de 140 jours parce que nos députés n'arrivent même pas à se mettre d'accord, les réunions se font rares, sont sans fin et, bien sûr, sans conclusion.
En France, M. Aubert a vu son salaire amputé du quart pour un « le » ou un « la », alors que chez nous, nos députés sont presque tous en « congé payé », à nos frais, et l'inconstitutionnalité des procédures législatives est de rigueur. Ici, c'est un dialogue de sourds où l'on ne peut donc même pas s'attarder sur le choix des articles définis et dont la victime n'est ni la droite ni la gauche, mais le citoyen pris au centre de ces débats fous. D'ailleurs, cette « sanction scandaleuse », au Liban, n'aurait été autre que scandale sans sanctions.
On retrouve donc en France solidarité, sanctions, lois et surtout réunion de l'Assemblée nationale, tout ce qui est inexistant au Liban. De quoi faire des jaloux !
Magali DANDOLO
Étudiante en sciences politiques – USJ

