Un prisonnier musulman doit-il se raser par mesure de sécurité ? La Cour suprême des États-Unis s'est penchée hier sur une affaire de barbe de trois jours, au confluent entre liberté religieuse et politique carcérale. Gregory Holt, alias Abdul Maalik Muhammad, purge une réclusion à perpétuité pour violence domestique dans une prison d'Arkansas. Ce musulman réclame le droit de porter une barbe d'un centimètre, « compromis » selon lui entre la longue barbe que requiert sa religion et la barbe d'un demi-centimètre que les autorités pénitentiaires de l'Arkansas autorisent aux prisonniers souffrant de problèmes dermatologiques. Quarante des cinquante États américains, ainsi que le gouvernement fédéral et la capitale Washington, permettent aux prisonniers de porter la barbe si leur foi le requiert, conformément au premier amendement de la Constitution qui protège la liberté de religion. Mais l'Arkansas rétorque qu'un prisonnier peut s'en servir « pour se déguiser » à des fins d'évasion et pour dissimuler toutes sortes d'objets dangereux ou interdits, comme des « fléchettes artisanales et d'autres armes », selon son argumentaire devant la Haute Cour.
Moyen Orient et Monde
Un prisonnier musulman doit-il se raser ?
OLJ / le 08 octobre 2014 à 00h00

