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Moyen Orient et Monde

« Et s’ils savaient, ils m’interdiraient de manifester... »

Joshua Wong, l’adolescent qui défie la Chine. Xaume Olleros/AFP

Thomas Ng a 16 ans. Le geste gauche, le regard fuyant, un sourire économe qui dévoile les fers d'un appareil dentaire. Depuis une semaine, l'adolescent timoré fait l'école buissonnière, à l'insu de ses parents, pour changer le cours de l'histoire. Écoliers, étudiants ou jeunes actifs, les manifestants de Hong Kong qui défient le dragon chinois sont pour la plupart encore des enfants, partagés entre leur idéal et la culpabilité de dire « non » souvent pour la première fois.
Dans le quartier d'Admiralty, où se dresse le siège du gouvernement entre les gratte-ciel de la haute finance, Thomas s'affaire sous des tentes abritant les vivres offerts aux manifestants par des associations ou de discrets bienfaiteurs. Avec une amie de son lycée des districts nord, il déplace des cartons. Assis au milieu du boulevard cuit par le soleil, des jeunes attendent l'affluence du soir, lorsque des dizaines de milliers de personnes envahissent le cœur de la mégapole chinoise. Comme beaucoup d'autres, Thomas Ng est d'abord réticent à révéler son identité, de peur que ses parents n'apprennent qu'il bat le pavé au lieu de potasser ses cours. « J'ai des évaluations fin octobre, mais je ne suis pas très inquiet, ce n'est pas très difficile et puis je révise un peu pendant mes pauses », assure-t-il. Braver l'autorité ne va pas de soi à Hong Kong, pas plus qu'en Chine, qu'il s'agisse du gouvernement, de la police ou des parents.
« La Chine veut contrôler Hong Kong comme un parent qui réclame obéissance », lance Koo, une retraitée dont les parents se sont réfugiés dans l'ancienne colonie britannique après la victoire des communistes en 1949. « La génération de nos parents, surtout quand ils n'ont pas fait d'études, ne comprend pas. Ils regardent les informations à la télévision et tout ce qu'ils voient, c'est le désordre », analyse Kit Kit, 25 ans. À un jet de pierre, des leaders haranguent les manifestants sous le regard ébahi des touristes chinois qui mitraillent au smartphone ce spectacle impensable chez eux. Loki Fung, 24 ans, n'a pas prévenu ses parents qui travaillent et vivent en Chine. « Je suis certaine qu'ils ne savent rien. Et s'ils savaient, ils m'interdiraient de manifester. »
(Source : AFP)

Thomas Ng a 16 ans. Le geste gauche, le regard fuyant, un sourire économe qui dévoile les fers d'un appareil dentaire. Depuis une semaine, l'adolescent timoré fait l'école buissonnière, à l'insu de ses parents, pour changer le cours de l'histoire. Écoliers, étudiants ou jeunes actifs, les manifestants de Hong Kong qui défient le dragon chinois sont pour la plupart encore des enfants, partagés entre leur idéal et la culpabilité de dire « non » souvent pour la première fois.Dans le quartier d'Admiralty, où se dresse le siège du gouvernement entre les gratte-ciel de la haute finance, Thomas s'affaire sous des tentes abritant les vivres offerts aux manifestants par des associations ou de discrets bienfaiteurs. Avec une amie de son lycée des districts nord, il déplace des cartons. Assis au milieu du boulevard cuit par le...
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