Les comptes financiers des États-Unis permettent de faire une narration statistique de la crise financière de 2008 et de ce qui a suivi. Les données du T2 2014 publiées récemment livrent un constat sans appel : la situation financière des ménages est redevenue ce qu'elle était à la fin des années 1990, bien avant que le boom du subprime ne s'enclenche. Les excès conduisant à la crise de 2008 ont été effacés par la combinaison d'un double ajustement. Dans un premier temps, l'assainissement est venu surtout du désendettement rendu nécessaire par la baisse brutale des prix des maisons. Mais ce facteur ne joue plus vraiment depuis 2011. La dette des ménages a retrouvé une tendance haussière et progressait de 2,4 % sur un an au T2. Ce rythme est loin toutefois des taux de croissance à deux chiffres observés de 2003 à 2006. En fait, le principal facteur d'amélioration de la situation financière des ménages vient désormais des marchés d'actifs, et notamment de la valorisation des actions. La moitié de l'accroissement de leur richesse financière depuis la fin de la récession, soit 9 500 Md$, vient des actions et des parts de mutual funds, alors que la part de ces actifs dans la richesse n'est que de 31 %.
Dans ces conditions, on peut s'étonner que les dépenses de consommation soient encore loin des rythmes précrise. Plusieurs explications sont possibles. L'une est que la richesse est concentrée sur des agents dont la propension à consommer serait faible. C'est la thèse des inégalités à la Piketty & Co. Par ailleurs, il faut se souvenir qu'il y a eu jusqu'à l'an dernier plusieurs pics d'incertitude (fiscal cliff, shutdown). De plus, la capacité de « monétiser » l'effet de richesse immobilier a disparu. Il n'y a toujours pas de reprise du crédit hypothécaire. Janet Yellen jugeait récemment que les standards de prêts immobiliers restaient trop stricts – retour de bâton des années de laxisme. Enfin, l'affermissement du marché du travail n'est évident que depuis peu de mois. En somme, on voit que la plupart des freins sont en train de se lever. Des ménages plus riches et moins inquiets du chômage devraient dépenser davantage.
Économie
Les ménages US sont à nouveau très riches
OLJ / le 27 septembre 2014 à 00h37

