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Nos Lecteurs ont la Parole - Alia BERTI ZEIN

Les femmes, dernier espoir d’un monde en péril ?

Elles ont fait des études supérieures, elles sont compétentes, sûres d'elles-mêmes, elles ont réussi leur carrière professionnelle, assumé leurs fonctions quotidiennes, leurs obligations sociales et familiales. Rien ne les empêchait dès lors d'aller jusqu'au bout, c'est-à-dire de briser les chaînes de la mainmise des hommes politiques libanais sur le pouvoir, comme une chasse gardée à ne pas franchir.
Porteuses de valeurs certaines, nos 33 candidates ont passé outre les barrières invisibles et immuables de préjugés artificiels, les confinant hélas à un statut de citoyennes de second rang.
Respectueuses de la Constitution, qui proclame l'égalité entre les sexes, elles ne font qu'appliquer la loi faisant appel à candidature, en présentant la leur en temps opportun, le 10 septembre, pour l'élection des nouveaux membres du Parlement, de programmes bien étudiés et structurés à l'appui.
Adversaires acharnées, de même que la société civile, de la reconduction d'une Chambre déjà en état de faillite parce que incapable d'élire un président de la République ou de légiférer sur des sujets vitaux pressants dans un pays en déconfiture et en éternel conflit, ces femmes réalistes, solidaires, tolérantes, venues de toutes les régions du pays, toutes confessions confondues, devraient ébranler le statu quo et réveiller les députés implantés au Parlement à l'image d'anciens locataires qui luttent pour maintenir indéfiniment leur droit au bail.
Conscientes des valeurs démocratiques d'égalité, d'alternance et d'éligibilité, ces candidates se sont présentées selon leur communauté et dans la circonscription qui leur est propice, prenant le risque pour certaines d'entre elles de concourir au même siège. Mais n'est-ce pas là l'essence même du processus démocratique ?
Ambitieuses, responsables, fiables, ces militantes ont fait leurs preuves : dans des associations féminines, des organisations non gouvernementales diverses ainsi qu'au sein de leurs professions respectives.
Elles ont enfin pris conscience de leur aptitude à aller plus loin dans leurs objectifs, au service de l'État mais aussi de la société, à s'intégrer davantage dans la vie politique de leur pays, aux côtés de certains politiciens de qualité mais surtout de nouveaux candidats compétents et déterminés à leur tour de foncer et de forcer le carcan traditionnel de l'héritage politique, ou de porteurs de fortunes pour la plupart.
Le décalage entre homme et femme dans l'accès à la citoyenneté à part entière durera-t-il longtemps au Liban avant que la porte de la politique ne s'ouvre aux méritants et méritantes pour une participation égalitaire de l'homme et de la femme à la prise de décision et à l'instauration d'un État de droit, transcendant en cela le même monopole masculin et les clivages politiques qui mettent le pays en péril ?
Le pari des femmes au pouvoir ne mérite-t-il pas une attention particulière dans l'espoir d'un avenir meilleur ?


Elles ont fait des études supérieures, elles sont compétentes, sûres d'elles-mêmes, elles ont réussi leur carrière professionnelle, assumé leurs fonctions quotidiennes, leurs obligations sociales et familiales. Rien ne les empêchait dès lors d'aller jusqu'au bout, c'est-à-dire de briser les chaînes de la mainmise des hommes politiques libanais sur le pouvoir, comme une chasse gardée...

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