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Le Premier ministre français Manuel Valls affronte demain à l'Assemblée nationale un vote décisif pour la survie de son gouvernement et la poursuite d'une politique sociale-libérale réformiste de plus en plus contestée.
Ce vote de « confiance », traditionnel après un remaniement, doit redonner à l'exécutif la légitimité que, selon l'opposition de droite et une large partie de l'opinion, il n'a plus. « Ce qui est en jeu, c'est la capacité de la gauche à gouverner, cette gauche de gouvernement qui assume les responsabilités, qui met les mains dans le cambouis, qui se retrousse les manches », a plaidé le Premier ministre cette semaine, promettant un discours de « rassemblement ». Manuel Valls veut maintenir « le cap » des réformes et a exclu toute alternative à gauche. Dramatisant son discours, il a appelé les socialistes à la « responsabilité » et mis en garde contre une « crise institutionnelle » qui ferait le lit de l'extrême droite avec, selon lui, « un Front national aux portes du pouvoir ».
Le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a renchéri demandant « à la gauche d'être forte. La question n'est pas de savoir si ça passe, mais de passer avec de la force, des marges. Il peut toujours y avoir un accident. Il ne faut pas jouer avec ça ». Paradoxalement, l'enjeu principal demain pour Manuel Valls sera de convaincre les réfractaires de son camp, les « frondeurs » qui l'accusent de mener une politique de droite favorable au patronat alors que le pays fait face à une grave crise sociale avec un chômage record à plus de 10 %. Très remontés contre lui, confortés dans leurs analyses par l'absence de résultats, ces tenants de l'aile gauche du Parti socialiste (PS) – une quarantaine de députés – devraient opter pour l'abstention. Les écologistes devraient faire de même. Mais pour les politologues, le gouvernement ne devrait pas tomber. « Il faudrait que 60 députés socialistes s'abstiennent pour menacer le gouvernement », estime Eddy Fougier, de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Le groupe socialiste à l'Assemblée compte 289 députés sur 577, soit exactement la majorité absolue. Manuel Valls devrait également pouvoir compter sur les radicaux de gauche, qui comptent trois ministres et 17 députés, voire de quelques centristes. « Ce qui est clair c'est que ça va être difficile (...) Il faut aller chercher la majorité au cœur des députés socialistes », confie-t-on dans l'entourage du Premier ministre.
Demain, si une majorité de députés refusait la confiance, le Premier ministre devrait démissionner. Le président aurait alors deux options : changer à nouveau de Premier ministre ou, hypothèse plus probable selon les politologues, dissoudre l'Assemblée nationale. Cette séquence sera suivie jeudi par une conférence de presse semestrielle du président François Hollande, dont 62 % des Français, selon un récent sondage, souhaitent la démission.


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