L'Union européenne a trouvé jeudi un accord afin de sanctionner de nouveau Moscou vendredi pour son rôle dans le conflit dans l'est de l'Ukraine, où l'Otan affirme qu'un millier de soldats russes sont toujours présents.
Kiev a pour la première fois reconnu jeudi que les rebelles prorusses avaient étendu leur contrôle de la frontière orientale avec la Russie jusqu'à la mer d'Azov. Cet état de fait avait été en partie constaté par des équipes de l'AFP le mois dernier après une contre-offensive insurgée en direction des villes stratégiques côtières du sud de la région de Donetsk, au bord de la mer d'Azov.
Si les rebelles s'emparaient du port de Marioupol, dernière grande ville ukrainienne encore sous contrôle de l'armée, cela permettrait de créer un pont terrestre entre la frontière russe et la Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars par la Russie. Après plusieurs jours de tergiversations, les 28 Etats membres ont trouvé un accord pour que les sanctions économiques renforcées contre la Russie entrent en vigueur vendredi afin de maintenir la pression sur Moscou après un accord de cessez-le-feu vendredi dernier entre Kiev et les rebelles.
Au moment où l'économie russe est au bord de la récession, la monnaie russe est aussitôt tombée jeudi à un nouveau record de faiblesse face au dollar. Un conseiller du Kremlin a annoncé que la Russie avait préparé de nouvelles mesures de rétorsion aux nouvelles sanctions européennes. Ces sanctions de l'UE doivent notamment restreindre l'accès aux marchés des capitaux pour les grandes compagnies pétrolières russes Rosneft et Transneft, ainsi que pour la branche pétrolière du géant gazier Gazprom. Elles doivent aussi ajouter quelques dizaines de noms à la centaine de personnalités russes et ukrainiennes pro-russes objets de sanctions ciblées, gel des avoirs et interdiction de visas. "A la lumière des développements sur le terrain", le paquet de sanctions pourra être réexaminé, a néanmoins tempéré une source européenne. Or, "il y a toujours environ mille soldats russes" dans l'est de l'Ukraine "avec un nombre substantiel d'équipements", et 20 000 autres sont toujours massés le long de la frontière entre les deux pays, a indiqué jeudi à l'AFP une source à l'Otan.
L'Otan "toujours préoccupée"
"L'Otan continue d'appeler la Russie à trouver une solution politique à la crise, de concert avec la communauté internationale et le gouvernement ukrainien", a ajouté cette source militaire, précisant que l'Otan était "toujours très préoccupée par la crise Russie/Ukraine".
Ces informations contredisent le sentiment de nette désescalade exprimé la veille par le président ukrainien Petro Porochenko, qui s'est félicité d'un "changement radical" de la situation sur le terrain depuis vendredi et a assuré que la Russie avait retiré 70% de ses troupes régulières du territoire ukrainien, sans fournir de chiffres. La Russie a toujours démenti toute implication dans le conflit, qui a provoqué la pire dégradation des relations entre Moscou et l'Occident depuis la fin de la guerre froide.
Des journalistes de l'AFP à Donetsk ont par ailleurs entendu deux séries de tirs d'une dizaine de minutes vers 03H00 et 05H00 provenant de la zone de l'aéroport, contrôlé par les troupes ukrainiennes et théâtre de combats ces derniers mois. "L'aéroport à été la cible de tirs au mortier", a de son côté indiqué un porte-parole militaire ukrainien, Oleksiï Dmytrachkivski. Selon la mairie de Donetsk, "la nuit a été agitée et des salves ont été entendues dans la ville".
Selon une porte-parole du département d'Etat américain, le cessez-le-feu conclu vendredi entre Kiev et les séparatistes prorusses "tient globalement, en dépit d'informations sur quelques attaques au mortier et des tirs d'armes à feu par endroits, y compris à l'aéroport de Donetsk, ainsi qu'une intensification des violences à Lougansk et à Donetsk".
Conférence internationale à Kiev
Dirigée par les pro-occidentaux depuis la chute en février du régime prorusse de Viktor Ianoukovitch suite à la contestation du Maïdan, l'Ukraine accueille à partir de jeudi soir une conférence annuelle de trois jours baptisée Yalta European Strategy (YES), consacrée à la stratégie pro-européenne de l'Ukraine qui s'apprête à ratifier d'ici la fin du mois l'accord d'association avec l'Union européenne. La onzième édition de cette conférence rassemblant des représentants des élites politiques et experts ukrainiens et occidentaux et qui a été organisée traditionnellement à Yalta, en Crimée, se tient pour la première fois à Kiev, après l'annexion de la péninsule ukrainienne par la Russie en mars.
Le président Petro Porochenko prononcera vendredi matin un discours devant les invités de la conférence à laquelle est attendu dans la soirée du même jour le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Kiev a pour la première fois reconnu jeudi que les rebelles prorusses avaient étendu leur contrôle de la frontière orientale avec la Russie jusqu'à la mer d'Azov. Cet état de fait avait été en partie constaté par des équipes de l'AFP le mois dernier après une contre-offensive insurgée en direction des villes stratégiques côtières du sud de la région de Donetsk, au bord de la mer d'Azov.
Si les rebelles s'emparaient du port de Marioupol, dernière grande ville ukrainienne encore sous contrôle de l'armée, cela permettrait de créer un pont terrestre entre la frontière russe et la Crimée,...


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