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Économie - Croissance

Pour Schäuble, la BCE est à court d’outils

Violer les règles budgétaires en espérant stimuler la croissance économique « est une erreur, nous ne prendrons pas ce chemin », a martelé le ministre allemand des Finances, M. Schäuble. Archives/AFP

Un relâchement de la discipline budgétaire ne générera pas de croissance en Europe, pas plus que la politique ultra-accommodante de la BCE, a asséné hier le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, qui n'entend nullement dévier de sa ligne budgétaire orthodoxe.
Violer les règles budgétaires en espérant stimuler la croissance économique « est une erreur, nous ne prendrons pas ce chemin », a martelé M. Schäuble, ministre des Finances de la chancelière Angela Merkel, dans un discours aux députés du Bundestag. La Chambre basse du Parlement allemand s'est penchée depuis hier sur le projet de budget 2015.
« On ne peut pas acheter des emplois et de la croissance avec de l'argent public, a poursuivi le ministre, et cela n'aide pas non plus de s'en remettre à la Banque centrale européenne, elle fait ce qu'elle peut mais elle non plus ne peut pas imposer de la croissance, comme on le voit actuellement. »
L'institution monétaire a annoncé en juin puis de nouveau la semaine dernière des mesures destinées à redynamiser le marché du crédit et une économie européenne chancelante. Le loyer de l'argent est maintenant au plus bas de son histoire en zone euro, avec un taux directeur à 0,05 %.
Mais l'abondance de liquidités ne se traduira par investissements et croissance que si les Européens innovent et s'attaquent aux réformes structurelles chères à l'Allemagne – le tout dans le respect des principes budgétaires, a expliqué M. Schäuble.
« Nous avons prouvé qu'une politique budgétaire solide était la meilleure politique pour la croissance et l'emploi », a déclaré le ministre conservateur, qui présente un budget fédéral pour 2015 à l'équilibre, pour la première fois depuis 1969. Et cela doit devenir la norme pour les années suivantes aussi, a rappelé M. Schäuble.
« Ce n'est pas une fin en soi mais c'est le signe que l'on peut compter sur nous, c'est la seule manière de maintenir la confiance, a-t-il ajouté, la confiance est primordiale pour les investisseurs et les consommateurs. »
« Tenir ses promesses, cela implique aussi de s'en tenir aux règles européennes, tout le monde devrait s'en tenir aux règles européennes, nous les avons décidées ensemble », a-t-il poursuivi, opposant implicitement une fin de non-recevoir aux appels qui fusent en Europe à plus d'indulgence vis-à-vis des contrevenants aux règles budgétaires.
En revanche M. Schäuble réfléchit, en concertation avec son homologue français Michel Sapin, à « des propositions communes pour créer de meilleures conditions d'investissement (privé), au niveau national et en Europe ».
Les deux ministres veulent présenter leurs propositions à une réunion des grands argentiers européens à Milan samedi. Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, la pierre angulaire de leur plan serait une redynamisation du marché des ABS.
Ces produits financiers permettent à une banque de monétiser les crédits qu'elle a accordés en les revendant. Cette pratique, rendue en partie responsable de la crise américaine des « subprimes » de 2008, a été largement abandonnée en Europe. La BCE a annoncé la semaine dernière qu'elle voulait acheter elle-même des ABS, pour faire repartir ce marché.

Un relâchement de la discipline budgétaire ne générera pas de croissance en Europe, pas plus que la politique ultra-accommodante de la BCE, a asséné hier le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, qui n'entend nullement dévier de sa ligne budgétaire orthodoxe.Violer les règles budgétaires en espérant stimuler la croissance économique « est une erreur, nous ne prendrons pas ce chemin », a martelé M. Schäuble, ministre des Finances de la chancelière Angela Merkel, dans un discours aux députés du Bundestag. La Chambre basse du Parlement allemand s'est penchée depuis hier sur le projet de budget 2015.« On ne peut pas acheter des emplois et de la croissance avec de l'argent public, a poursuivi le ministre, et cela n'aide pas non plus de s'en remettre à la Banque centrale européenne, elle fait ce qu'elle...
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