Les partisans de l'indépendance de l'Écosse sont pour la première fois en tête dans un sondage publié hier, un coup de tonnerre, à onze jours du référendum, pour le camp du non qui doit désormais mettre les bouchées doubles. En effet, selon ce sondage YouGov/Sunday Times, le oui remporte 47 % (+5 points) d'opinions favorables contre 45 % (-3) pour les partisans du maintien de l'Écosse au sein du Royaume-Uni, 6 % restant encore indécis et 1 % annonçant ne pas vouloir voter.
« L'Écosse est confrontée à un choix très très important. Si les gens pensaient pouvoir rester chez eux et ne pas avoir besoin d'aller voter non pour éviter la séparation, ils ne peuvent plus le penser aujourd'hui », a déclaré de son côté hier matin sur la BBC le ministre conservateur des Finances George Osborne. « Nous n'allons pas partager la livre avec une Écosse séparée du reste du Royaume-Uni », a-t-il ensuite menacé, reprenant l'argument-clé brandi depuis des mois par Londres.
L'ancien ministre des Finances Alistair Darling, directeur de la campagne « Better Together », a également reconnu que ce dernier sondage annonçait un référendum « très serré ». Les partisans du maintien au sein du Royaume-Uni s'apprêtent à présenter leur dernier va-tout en détaillant de nouveaux transferts de pouvoirs au Parlement écossais.
« Prendre les Écossais pour des imbéciles »
Des promesses raillées par le camp du oui. La numéro deux du Parti national écossais (SNP) Nicola Sturgeon a ainsi accusé « la campagne du non de prendre les Écossais pour des imbéciles ».
S'ils « avaient sérieusement l'intention de fournir de nouveaux pouvoirs importants à l'Écosse, alors pourquoi attendre jusqu'à 10 jours avant le scrutin et un sondage donnant le oui en tête pour le proposer ? », a-t-elle demandé. Le Premier ministre écossais et leader des indépendantistes Alex Salmond a qualifié ces propositions de « mesure désespérée » alors « que des centaines de milliers d'Écossais ont déjà voté par la poste ».
Jugeant ces résultats « extrêmement positifs et encourageants », Nicola Sturgeon a annoncé que le camp du oui allait s'attacher à convaincre ces prochains jours les personnes âgées du bien-fondé de l'indépendance. En effet, l'enquête d'opinion YouGov/Sunday Times montre que le oui est majoritaire chez les 16-59 ans et que seuls les 60 ans et plus plébiscitent le maintien dans l'union avec Londres à 59 %. Elle montre également que si les femmes restent toujours plus sceptiques que les hommes parmi les 1 048 personnes sondées, avec 47 % en faveur du maintien dans le Royaume-Uni contre 42 % séduites par l'indépendance, ce sont les 16-24 ans qui sont le plus tentés par l'émancipation vis-à-vis de Westminster (56 %). Si ces résultats venaient à se concrétiser le 18 septembre, cela montrerait que les indépendantistes ont pris un pari gagnant en ouvrant le vote aux moins de 18 ans.
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