Des dizaines d'ONG ont réclamé vendredi au régime de Damas la libération de trois défenseurs des droits de l'Homme connus, dont le journaliste Mazen Darwish, détenus depuis février 2012.
"Le gouvernement syrien devrait libérer immédiatement et sans condition le défenseur des droits de l'Homme (...) Mazen Darwish" ainsi que ses collègues Hussein Ghreir et Hani Zaitani, indique un communiqué signé par 79 ONG, dont Human Rights Watch, Amnesty International et Reporters sans frontières.
Les trois hommes, qui travaillaient pour le Centre pour les médias et la liberté d'expression (SCM), ont été arrêtés en février 2012 lors d'un raid des forces de sécurité contre le bureau du SCM à Damas. Ils sont accusés d'avoir fait l'"apologie du terrorisme" en vertu d'une loi antiterroriste controversée.
En mars, le procureur de la cour antiterroriste avait requis 15 ans de travaux forcés à leur encontre, avait indiqué à l'époque l'épouse de M. Darwish. "Les accusations sont basées sur des activités pacifiques qui comprennent le suivi et la diffusion d'informations sur les violations des droits de l'Homme en Syrie", indiquent les ONG dans le communiqué. Ce procès n'est "rien de moins qu'une honte", a dénoncé un porte-parole non identifié des ONG.
Malgré les nombreux appels d'ONG et de l'ONU à libérer les trois hommes, la cour antiterroriste doit rendre son jugement le 24 septembre. Ces militants sont restés en prison en dépit d'une mesure d'amnistie du président Bachar el-Assad le 9 juin. Des centaines de personnes ont été relâchées en vertu de cette amnistie, ont indiqué des avocats qui s'attendaient à ce que cette mesure s'applique à des dizaines de milliers de détenus. "Les autorités syriennes ont prouvé une fois de plus qu'elles sont incapables de s'en tenir à leur propre (loi d')amnistie", a indiqué le porte-parole des ONG.
Selon des militants, environ 100 000 personnes ont été emprisonnées depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le régime de Bachar el-Assad, qui s'est transformée face à la répression en un conflit armé complexe. Plus de 191 000 autres ont été tuées, selon l'ONU.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine