Le Premier ministre français, Manuel Valls, attendu à l'Université d'été du Parti socialiste à La Rochelle, après une semaine agitée, a "bien résisté" face aux frondeurs, faisant preuve de "détermination", voir de "panache" pour les éditorialistes de la presse nationale et régionale lundi.
Dimanche, Manuel Valls a vanté une "gauche du réel", qui "gouverne" mais sans pratiquer l'austérité, devant les socialistes divisés, auxquels il a dit son "amour" et réclamé un soutien sans faille à François Hollande.
A l'instar du chef de l'Etat qui, depuis Bruxelles, avait souhaité samedi soir un parti socialiste "à l'unisson" de l'exécutif, le Premier ministre s'est attaché à convaincre une salle dont une partie l'avait accueilli aux cris de "Vive la gauche", le nom du collectif des frondeurs contestant la ligne économique suivie le gouvernement. Au fur et à mesure de son discours, il s'est toutefois acquis le soutien grandissant de la salle, avec plusieurs salves d'applaudissements nourris.
"Veni, vidi, vici", résume Jean-Michel Servant dans le Midi Libre. "Même s'il a le triomphe modeste, Manuel Valls, combatif, sort grand vainqueur des Universités d'été du Parti socialiste", estime-t-il.
Sur le même thème, Pierre Frehel du Républicain Lorrain, lance : "Ave Valls!" Et de préciser : "il n'y a eu ni schisme, ni coup de théâtre."
"Manuel Valls a dû user de toute son habileté pour finir son discours sous l'ovation hier à La Rochelle", souligne Matthieu Verrier, pour La Voix du Nord.
Le Premier ministre "a fait front, assumant les nominations de sa nouvelle équipe, les récentes décisions prises", salue Dominique Quinio dans La Croix. "Il faut reconnaître qu'il ne manque pas de panache", renchérit, Bruno Dive (Sud-Ouest) pour qui Manuel Valls "l'air de rien" est "en train de s'imposer comme le patron."
Il "a fait preuve d'une belle détermination dans son discours de clôture que le chahut infantile des frondeurs n'a guère perturbé", note de son côté Jacques Camus pour La Montagne Centre France. Jean-Louis Hervois (Charente Libre) a vu lui, Manuel Valls : "plus ardent que jamais."
Une détermination qui n'a pas échappé non plus à Paul-Henri du Limbert, du Figaro, pour qui : "il faut rendre hommage au Premier ministre d'avoir, non sans bravoure, affronté sa propre famille politique." Et pourtant, "le bûcher était prêt pour immoler le Premier ministre", rappelle Jean-Michel Helvig (La République des Pyrénées).
"Valls, habile et sincère, a fait du bon Valls", juge également Michel Urvoy, dans Ouest France et "le psychodrame, trop annoncé, n'a pas eu lieu", ajoute-t-il.
Certes relève Laurent Bodin, de L'Alsace, mais pour lui et quelques autres éditorialistes : "Manuel Valls s'est offert une victoire à la Pyrrhus." "Il rassure ses troupes mais n'éteint pas les huées des frondeurs", observe David Guévart (Le Courrier Picard). "Même en cas de retour à la croissance, la fracture produite par l'éviction d'Arnaud Montebourg sera longue à réduire", prévient Laurent Joffrin de Libération.
"Attendu" Manuel Valls "a plutôt bien résisté aux assauts des frondeurs", reconnaît Patrice Chabanet du Journal de la Haute-Marne. Et l'éditorialiste de conclure : "pour autant, l'exécutif n'est pas au bout de ses peines."
Aux chefs d'entreprise, Manuel Valls réclame de "faire preuve de patriotisme économique". Et, assure-t-il, il n'y aura "pas de remise en cause" de la mesure emblématique du gouvernement de Lionel Jospin, les 35 heures.
Dès jeudi, le gouvernement avait assuré qu'il n'était "pas question" de les remettre en cause, après le pavé dans la mare lancé par le nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron qui, avant sa nomination, avait plaidé pour des dérogations.
Se disant pleinement conscient de sa "mission" et n'ignorant "rien des doutes et de la défiance" des Français, Manuel Valls a défendu "la gauche qui gouverne", celle qui ne "renonce jamais au réel" pour ne pas renoncer à "l'idéal".
Revenant sur la situation dans la zone euro, il a assuré que l'Allemagne ne pourra pas "échapper à ses responsabilités" et aura elle aussi besoin d'une relance économique face au ralentissement de la croissance européenne.
Le Premier ministre, qui a terminé en nage son discours de plus d'une heure, en a appelé au rassemblement et à ne pas se détourner des Français", assurant que "ce qui nous unit doit être plus fort que nos différences" et demandant de faire "attention au poids des mots, à nos comportements".
Pas d'annonces, donc, mais la réaffirmation d'une ligne réformiste. "Je ne lâche rien parce que je sais que c'est la bonne voie", dit-il aux journalistes à la fin de son discours, se disant persuadé que "ce que nous avons engagé va produire des résultats".
Dimanche, Manuel Valls a vanté une "gauche du réel", qui "gouverne" mais sans pratiquer l'austérité, devant les socialistes divisés, auxquels il a dit son "amour" et réclamé un soutien sans faille à François Hollande.A l'instar du chef de l'Etat qui, depuis Bruxelles, avait souhaité samedi soir un parti socialiste "à l'unisson" de l'exécutif, le Premier ministre s'est attaché à convaincre une salle dont une partie l'avait accueilli aux cris de "Vive la gauche", le nom du collectif des frondeurs contestant la ligne...


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