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« De la petite délinquance à l’islam jihadiste en seulement trois mois »

Le salafisme : décryptage d’une notion plurielle

OLJ
01/09/2014

Aux origines des actes commis par l'État islamique, il y a une interprétation strictement littérale des textes coraniques. Aux origines de la diffusion de cette interprétation, il y a un mécanisme de propagande et d'endoctrinement. Aux origines du phénomène de jihadisme européen, il y a le salafisme. Complétement ignorée jusqu'à il y a quelques années par le grand public, la notion de salafisme occupe désormais une place importante dans l'analyse médiatique. En effet, associée aux épithètes islamistes ou jihadistes, elle est utilisée pour décrire les pratiques islamiques jugées intolérantes et ultra-orthodoxes. Pour autant, dans le contexte européen, le salafisme se développe comme un mouvement pluriel pouvant regrouper plusieurs réalités tout à fait différentes, si ce n'est même antagonistes.
Selon Samir Amghar, spécialiste des mouvements salafistes en Europe, il est tout d'abord nécessaire de définir la notion comme « une approche littéraliste de l'islam qui relève avant tout d'une certaine orthopraxie ». D'après lui, il apparaît pertinent, dans un souci de clarté, de diviser le mouvement en trois grandes branches : le salafisme quiétiste, le salafisme politique et le salafisme jihadiste. Le salafisme quiétiste donne la priorité à la prédication religieuse et cherche à prendre ses distances avec les affaires de la société. « Obsédé par les risques de "fitna", il rejette tout engagement dans la vie politique », explique le chercheur. « Cette branche est officiellement attachée à l'Arabie saoudite », ajoute-t-il. Le salafisme politique, quant à lui, possède beaucoup de points communs avec la doctrine des Frères musulmans. Toutefois, précise le chercheur, « ils ont une lecture nettement plus conservatrice que celle des Frères ». Enfin, « le salafisme jihadiste met en avant une logique révolutionnaire et violente », analyse M. Amghar. Si les deux premières tendances sont largement majoritaires en Europe (quiétiste en France et politique en Grande-Bretagne), il n'en reste pas moins que c'est de la troisième tendance que sont issus les jeunes européens néojihadistes. De plus, il arrive que des personnes passent d'une catégorie à l'autre puisque toutes les trois disposent d' « une matrice idéologique commune », note le sociologue. Alors, comment expliquer le succès du salafisme en Europe ? Pourquoi les jeunes sont-ils attirés par cette interprétation rigoriste au point même parfois de se convertir et d'en adopter la pratique ?
Selon M. Amghar, les mouvements salafistes sont composés essentiellement de jeunes, la plupart d'entre eux étant issus de la deuxième, voire troisième génération d'immigration. « Il y a aussi à peu près 30 pour cent de convertis à l'islam. » Et dans cette catégorie, il n'y a pas que des Blancs catholiques, il existe aussi des Noirs africains et des Antillais », note M. Amghar. Cela dit, l'auteur explique l'attirance que ces jeunes ont pour cette doctrine par « une demande de sens et de certitude ». « Devenus salafistes, ces jeunes ont la certitude de détenir la vérité et la garantie d'aller au paradis. De ce fait, de leur point de vue, ils ont tout à y gagner. »

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