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Moyen Orient et Monde

Sadr, le milicien populiste

Est-il possible d'être à la fois un fervent défenseur du nationalisme irakien et le chef d'une milice chiite proférant des actes criminels contre les actes sunnites ? Est-il possible d'être adoré par les sunnites pour son combat contre l'occupation américaine puis détesté par cette même communauté au moment des conflits intercommunautaires ? Est-il possible d'utiliser son propre nom pour renommer un quartier après la chute officielle de Bagdad ? À tous ces questionnements qui évoquent une situation des plus paradoxales, la réponse est oui. Et Moqtada al-Sadr en est la preuve bien vivante. Fils de l'ancien ayatollah chiite irakien Mohammad Sadeq al-Sadr, ce qui explique en partie son inimitié avec Sistani, Sadr est le chef d'un mouvement nationaliste à forte connotation islamiste qui prend le nom de « sadrisme ». À la tête de l'armée du Mahdi dont le principal bastion se situe à Sadr City, il est le premier à dénoncer l'occupation américaine, à contre-courant de la politique proto-chiite des autres partis de sa communauté. Sa milice affronte par deux fois les troupes américaines, une première fois en 2004 et une seconde en 2008. Entre-temps, elle participe à des combats communautaires contre les sunnites. Depuis le début de l'opération de l'EI, Moqtada al-Sadr semble vouloir mener un double jeu. En effet, celui qui avait demandé à ses députés de voter en faveur de Maliki différencie très subtilement l'intervention des pasdarans iraniens sur le territoire irakien et celle des pays occidentaux. Même en temps de crise, la première lui apparaît totalement légitime alors que la seconde semble être pour lui inadmissible. Il serait certainement trop réducteur de présenter Moqtada al-Sadr comme le bras armé de l'Iran, mais de toute évidence, l'affaiblissement du parti Dawa de Maliki devrait lui permettre d'occuper un rôle majeur dans les mois
à venir.

Est-il possible d'être à la fois un fervent défenseur du nationalisme irakien et le chef d'une milice chiite proférant des actes criminels contre les actes sunnites ? Est-il possible d'être adoré par les sunnites pour son combat contre l'occupation américaine puis détesté par cette même communauté au moment des conflits intercommunautaires ? Est-il possible d'utiliser son propre nom pour renommer un quartier après la chute officielle de Bagdad ? À tous ces questionnements qui évoquent une situation des plus paradoxales, la réponse est oui. Et Moqtada al-Sadr en est la preuve bien vivante. Fils de l'ancien ayatollah chiite irakien Mohammad Sadeq al-Sadr, ce qui explique en partie son inimitié avec Sistani, Sadr est le chef d'un mouvement nationaliste à forte connotation islamiste qui prend le nom de « sadrisme ». À...
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