Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Référendum

« L’indépendance de l’Écosse ? Ha, ha, ha ! »

Alors qu'est prévu le 18 septembre un scrutin qui scellerait sur le papier la fin du Royaume-Uni « as we know it », mais auquel l'immense majorité des sondages prédisent l'échec, « L'Orient-Le Jour » a interrogé quelques ressortissants anglais et écossais vivant à Beyrouth. Les réponses sont édifiantes.

Ici en kilt écossais, le prince Charles d’Angleterre pourrait faire perdre aux Écossais leurs envies d’indépendance. Russell Cheyne/Reuters

Berwick-Upon-Tweed, la ville la plus au nord de l'Angleterre, attend avec impuissance et une certaine inquiétude le référendum sur l'indépendance du 18 septembre en Écosse dont la « frontière » est éloignée de quatre kilomètres seulement.
« Prendre son passeport tous les jours en espérant qu'il y ait suffisamment de pages pour accueillir tous les tampons : ça fait longtemps qu'on se fait cette blague entre nous. Et si elle devenait réalité ? » s'interroge Isabel Hunter, maire libérale-démocrate de cette charmante ville côtière de 13 000 habitants, nichée au nord-est de l'Angleterre. Mme Hunter, qui dirige une petite entreprise de transport, est en faveur du maintien de l'Écosse au sein du Royaume-Uni.

Et au Liban, qu'en pensent les Brits ? « Ha ! ha ! ha ! » : au téléphone, ils nous rient pratiquement au nez. La question du référendum semble les amuser follement. En attendant, Graham Ball trouve qu'un référendum est toujours une bonne idée, car « consulter les Écossais pour une question si anciennement ancrée dans l'histoire prouve que la démocratie fonctionne ». Cependant il change vite de ton, laissant paraître son irritation : « Une indépendance de qui, de quoi ? Quels bénéfices auraient les Écossais à se retrouver seuls ? Ils veulent garder le pound, mais récolter leurs propres taxes ? Ils veulent leur propre Parlement, une indépendance de Westminster donc ? »... Voir l'Écosse se détacher du Royaume-Uni lui briserait le cœur, reconnaît-il quand même. Ça brouillerait les repères de nombreux Écossais qui ont des racines anglaises et vice versa, dont son fils issu d'un premier mariage avec une Écossaise. Pour cet Anglais, à moitié écossais, l'indépendance, c'est sûr, est une idée « émotionnelle » qu'on alimente à coup de films comme Braveheart.

Questions techniques

Résidant également à Beyrouth, Anthony Usher est d'accord pour dire que ce référendum est un bon exercice démocratique pour trouver une solution au problème d'indépendance. L'Anglais aux racines irlandaises, qui ne semble aucunement affecté par l'éventualité d'une séparation Écosse-Grande-Bretagne, est néanmoins persuadé que les Écossais voteront « non ».

Et qu'en pensent les Écossais de Beyrouth ? « J'espère que ce sera non », avoue Jim Greene. Il s'explique : « Aspirer à l'indépendance, vouloir gouverner son propre pays... tout cela est louable. Mais vouloir briser le Royaume-Uni, briser ce qui est là depuis si longtemps, cela est faux. » Et d'ajouter qu'outre une perte d'emploi qui se fera nettement sentir, « de cette indépendance découleront beaucoup de problèmes techniques qu'on ne peut ignorer. Qu'adviendra-t-il de la frontière, de la monnaie, des passeports, de l'armée, du service santé, des infrastructures? », s'inquiète-t-il encore.

Kevin Strachan est l'illustration parfaite des propos de M. Greene. Cet Écossais de 23 ans habite à Chirnside, du côté écossais de la frontière. Il se rend tous les jours en Angleterre, où il travaille dans un magasin d'articles de sport. « Nous dépendons beaucoup de l'Angleterre. Il n'y a pas de boulot là où je vis, dit-il. Je ne pense pas que l'indépendance soit une bonne idée. »
Ces deux Écossais devraient donc accueillir avec une pointe de soulagement les sondages qui, à un mois du verdict, donnent une avance de plus de dix points au camp du « non » à l'indépendance. La fin du Royaume-Uni « as we know it » n'a peut-être pas encore sonné...


Pour mémoire

La reine Elizabeth salue le rôle de l'Eglise face aux divisions en Ecosse

Les industriels ont peur pour la « diplomatie du whisky »

Berwick-Upon-Tweed, la ville la plus au nord de l'Angleterre, attend avec impuissance et une certaine inquiétude le référendum sur l'indépendance du 18 septembre en Écosse dont la « frontière » est éloignée de quatre kilomètres seulement.« Prendre son passeport tous les jours en espérant qu'il y ait suffisamment de pages pour accueillir tous les tampons : ça fait longtemps qu'on se fait cette blague entre nous. Et si elle devenait réalité ? » s'interroge Isabel Hunter, maire libérale-démocrate de cette charmante ville côtière de 13 000 habitants, nichée au nord-est de l'Angleterre. Mme Hunter, qui dirige une petite entreprise de transport, est en faveur du maintien de l'Écosse au sein du Royaume-Uni.Et au Liban, qu'en pensent les Brits ? « Ha ! ha ! ha ! » : au téléphone, ils nous rient pratiquement au...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut