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L'économie chypriote s'est contractée de 0,3 % au deuxième trimestre, contre un recul de 0,6 %, selon des estimations officielles dévoilées hier citées par l'AFP.
Il s'agit du 12e trimestre de baisse consécutif du produit intérieur brut (PIB) depuis la brutale crise financière qui a conduit Chypre à recourir en mars 2013 à un plan de sauvetage international de 10 milliards d'euros assorti de conditions draconiennes. Mais la récession a été moins prononcée que prévu.
Les dernières estimations ont montré que, corrigé des variations saisonnières, le PIB a reculé de 2,5 % par rapport au 2e trimestre 2013. Au premier trimestre, il avait reculé de 3,9 % par rapport à la même période de l'exercice précédent.
Dans leur dernière évaluation en mai, les bailleurs de fonds internationaux ont revu à la baisse leurs prévisions pour 2014, annonçant une contraction plus faible sur l'année, de 4,2 %, mais aussi une reprise plus lente que prévu en 2015 avec une croissance de 0,4 %.
Plus de 50 % des prêts bancaires sont considérés comme non performants à Chypre, où le taux de chômage atteint 17 %.
Les chiffres dévoilés hier montrent que de nombreux secteurs de l'île sont touchés par la récession, notamment la construction, l'industrie manufacturière, les transports et le secteur bancaire. En revanche, le commerce et le tourisme, secteur-clé pour l'île, ont enregistré une croissance positive.
Chypre a reçu la moitié des 10 milliards d'euros du plan de sauvetage, en contrepartie duquel Nicosie a dû se plier à des mesures draconiennes, portant notamment sur la restructuration du système bancaire et la privatisation des principaux services publics.
Un 5e audit de la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) doit ouvrir la voie au versement de la prochaine tranche d'aide en septembre.
La troïka, qui lors de ses derniers audits a imposé à Chypre de se conformer aux termes déjà drastiques du plan de sauvetage, exige maintenant de Nicosie de se serrer encore un peu plus la ceinture, au risque de voir se multiplier expulsions et faillites.
Elle conditionne le versement de la prochaine tranche d'aide à l'approbation par le Parlement d'une loi autorisant la saisie de maisons payées avec des crédits non remboursés.

