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Le pire est à craindre

Il y a quelques années, on avait interdit la consommation d'alcool dans la plupart des restaurants tripolitains. Il y a quelques jours, une nouvelle fatwa, que les instances concernées ont approuvée, a banni la publicité sur les grands panneaux d'affichage.
Et après, on en arrivera où ? Ou plutôt, on recule d'ores et déjà jusqu'où ? Est-ce le présage à un retour à l'époque des dunes et des sables mouvants que l'on projette pour cette ville ? Cette pauvre ville où nos grands-parents, nos parents, indépendamment de leurs convictions religieuses dignes toutes de respect, consommaient librement de la bière au café Negresco un samedi soir. Et peut-être même un vendredi.
L'habit ne fait pas le moine, la cravate non plus ne fait pas la tolérance. S'il n'en est « que » de terrorisme culturel jusqu'alors, nous n'en sommes qu'à deux doigts de dissoudre le culturel dans ce bain de terrorisme. D'ailleurs, culture et terrorisme ne font jamais un.
Ce n'est sûrement pas un moyen de prospérité. Et le pire reste à craindre.

Dr Georges AZAR

* * *

Peur du changement

Si Freud vivait de nos jours il aurait, s'inspirant du comportement libanais, créé un nouveau complexe : la peur du changement. En effet, cette mosaïque de dix-neuf confessions commence à se fissurer. Du point de vue religieux, l'intégrisme qui divise le peuple commence à nous faire oublier que deux grandes villes comme Saïda et Tripoli ne font plus partie de ce tissu libanais qui fut homogène. En effet, depuis une dizaine d'années, la viande de porc y est interdite, de même que l'alcool. Mais le bouquet, qui fait couler beaucoup d'encre, c'est bien sûr la décision municipale d'interdire la publicité pour une marque de bière. Par ailleurs, certaines municipalités ont institué un couvre-feu pour les réfugiés syriens. Enfin, que dire des comités de coordination syndicaux, et surtout du syndicat des enseignants dont il ne reste de la culture qu'une déplorable absence de sens civique. Freud, de grâce, réveille-toi pour nous aider à nous débarrasser de ce nouveau fléau.

Antoine SABBAGHA

Le pire est à craindre
Il y a quelques années, on avait interdit la consommation d'alcool dans la plupart des restaurants tripolitains. Il y a quelques jours, une nouvelle fatwa, que les instances concernées ont approuvée, a banni la publicité sur les grands panneaux d'affichage.Et après, on en arrivera où ? Ou plutôt, on recule d'ores et déjà jusqu'où ? Est-ce le présage à un retour à l'époque des dunes et des sables mouvants que l'on projette pour cette ville ? Cette pauvre ville où nos grands-parents, nos parents, indépendamment de leurs convictions religieuses dignes toutes de respect, consommaient librement de la bière au café Negresco un samedi soir. Et peut-être même un vendredi.L'habit ne fait pas le moine, la cravate non plus ne fait pas la tolérance. S'il n'en est « que » de terrorisme culturel...
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