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Culture - Théâtre

« Hkeelee » (Talk to me), une déclaration d’amour au Liban

Aidée par l'association Zoukak, la comédienne américano-libanaise Leila Buck a présenté sa dernière pièce personnelle et puissante.

Leila Buck livre ses impressions personnelles en fonction du lien qu’elle tisse avec son public. (Photo Marwan Assaf)

Leila Buck est une pile électrique : actrice, écrivaine et professeure de théâtre. Trilingue, elle parle l'anglais, l'arabe et le français. Elle navigue d'ailleurs entre ses trois langues tout le long de son spectacle Hkeelee (Talk to me, parle-moi). L'actrice dépeint avec émotion et simplicité son histoire familiale riche et mouvementée.
Tout commence avec la rencontre entre sa grand-mère catholique – au caractère bien trempé – et son futur mari, un musulman. Leur amour détonne au sein du Liban des années quarante. Deux décennies plus tard, Leila naît de l'union de sa mère libanaise et de son père, un diplomate américain. La famille quitte alors Beyrouth pour vivre au Koweït, en Arabie saoudite, au Canada. Lors de son enfance, la petite Leila entend alors souvent parler de Beyrouth sans y avoir jamais vécu. Le Liban, toujours présent dans les conversations familiales, commence à lui manquer. Après l'avoir rejetée au profit de l'anglais, la langue arabe lui fait aussi défaut. Elle raconte alors son long retour aux sources afin de retrouver son pays et sa langue.
Hkeelee a été présentée pour la première fois durant l'été 2006. La pièce évolue sans cesse, réactualisée par son auteur au fil des mois et des années qui passent. Elle s'adapte en fonction du public auquel elle fait face. Leila Buck construit un rapport unique avec les spectateurs, elle les questionne, les fait chanter, interagit régulièrement avec eux. Le spectateur est donc aussi acteur de la pièce. La comédienne joue son propre rôle et celui de sa grand-mère, téta, à qui l'on diagnostique la maladie d'alzheimer. L'une comme l'autre ont besoin du public pour progresser dans la recherche de leurs souvenirs et de leurs questionnements.
Son premier one-woman-show, ISite, abordait déjà le fait de grandir partagée entre les États-Unis et le Moyen-Orient. Sa dernière création aborde une nouvelle fois la question de l'émigration et de la nation avec beaucoup d'acuité et de dérision. Qu'est-ce que devenir américaine ? Comment ne pas perdre ses racines ? Comment réaffirmer sa « libanité » ? Pour ses créations, Leila Buck pioche ainsi dans son intimité mais toujours avec pudeur.
Aussi, l'actrice adore les mots qu'ils soient anglais, français, ou arabes, chacun trouve grâce à ses yeux. Que l'on veuille les garder en mémoire de manière indélébile ou s'en dépêtrer car ils rappellent de mauvais souvenirs, c'est une déclaration d'amour au(x) langage(s) et, plus particulièrement, à la langue arabe. L'actrice chérit les mots doux – si libanais – que sont « habibi », « hayété », ou encore « ya hobbi ». Selon elle, « le langage est une composante importante que les générations précédentes laissent en héritage ».
À travers le récit de sa grand-mère, Leila Buck questionne aussi le spectateur à propos de la sélection subjective des mots que l'on utilise, des histoires que l'on perpétue, des personnages que l'on garde en mémoire – de ceux que l'on écarte aussi. Toutes ces petites choses qui, additionnées, forment une nation et sa culture. En l'espace de 90 minutes, la comédienne parle de ces nombreux thèmes avec justesse, souvent de manière désordonnée mais conviviale. « À la libanaise », comme elle se plaît à le répéter.

Leila Buck est une pile électrique : actrice, écrivaine et professeure de théâtre. Trilingue, elle parle l'anglais, l'arabe et le français. Elle navigue d'ailleurs entre ses trois langues tout le long de son spectacle Hkeelee (Talk to me, parle-moi). L'actrice dépeint avec émotion et simplicité son histoire familiale riche et mouvementée.Tout commence avec la rencontre entre sa grand-mère catholique – au caractère bien trempé – et son futur mari, un musulman. Leur amour détonne au sein du Liban des années quarante. Deux décennies plus tard, Leila naît de l'union de sa mère libanaise et de son père, un diplomate américain. La famille quitte alors Beyrouth pour vivre au Koweït, en Arabie saoudite, au Canada. Lors de son enfance, la petite Leila entend alors souvent parler de Beyrouth sans y avoir jamais vécu. Le...
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