La nouvelle de l'offre de la reddition inconditionnelle du Japon, connue à Beyrouth dans la soirée du vendredi, n'a pas manqué de susciter, parmi les différentes classes de la population libanaise, une vague de joie parfaitement compréhensible.
Seuls les milieux commerçants, déjà contrecarrés par la récente entrée en guerre de l'URSS contre l'empire du Soleil-Levant, ont accueilli cette nouvelle avec une certaine appréhension. Des cercles se sont formés aussitôt çà et là pour commenter l'évolution de la situation mondiale et examiner les répercussions qu'elle peut avoir sur les marchés libanais.
Le cours de la livre or – très sensible, à Beyrouth, à ce genre d'informations – a subi, dès vendredi soir, une première baisse : le souverain, qui était acheté à 51,90 livres, tomba jusqu'à 49,70 et ne put se maintenir à ce taux que par l'intervention des commerçants syriens de passage, toujours avides d'or à n'importe quel prix.
Un arrêt de toutes les tractations commerciales a, d'autre part, été enregistré samedi matin.
On pense généralement que le gouvernement s'occupera, à partir de cette semaine, de l'organisation de réjouissances nationales pour célébrer la victoire totale des Nations unies sur les puissances de l'Axe et la fin – (pour de bon cette fois !) – de la guerre.

