Le centre SKeyes pour la liberté de la presse et de la culture a tenu mercredi une conférence de presse à l'hôtel al-Bustan pour présenter les conclusions d'un rapport autour de la manière dont la presse libanaise traite du dossier pétrolier et gazier. C'est en collaboration avec le Middle East Strategic Perspectives (Mesp), plateforme de conseil autour du dossier énergétique, que SKeyes a suivi durant deux mois et demi durant les articles de presse et les documentaires qui ciblaient les sujets relatifs au pétrole et au gaz au large des côtes libanaises.
Dans son allocution, le directeur de SKeyes, Ayman Mhanna, a rappelé l'importance de ce dossier énergétique notamment en matière de potentiel de croissance économique pour le Liban et ses infrastructures, en soulignant également les possibilités de faire face éventuellement à des pratiques de gaspillage et de corruption. « Les spéculations vont bon train quant à la quantité des ressources gazières ainsi que les revenus potentiels, mais nous n'en saurons rien tant que les procédures d'exploration n'ont pas débuté » a tempéré M. Mhanna. « Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas du devoir de la presse de suivre de près ce dossier » a-t-il ajouté. Le responsable a mis l'accent sur le rôle primordial des médias dans le transfert clair d'informations au public en ce qui concerne les volets technique, financier, environnemental, juridique, etc. « Il ne faut oublier les bénéfices directs ou indirects tels que le logement des travailleurs une fois le processus enclenché, ainsi que les dépenses de nourriture et autres » a rappelé Ayman Mhanna.
Dans les détails, SKeyes et le Mesp ont suivi du 1er février au 15 avril de l'année en cours 122 articles et documentaires autour du secteur gazier et pétrolier dans plusieurs supports médiatiques. La représentante du Mesp Mona Sukkariyé a présenté les suggestions et conclusions du rapport. Elle a ainsi rappelé l'importance de se tenir au courant des rebondissements locaux, régionaux et internationaux du dossier énergétique, mais également de vérifier ses sources et de les diversifier. L'experte a également mis l'accent sur la nécessité de former les journalistes sur un sujet qui reste aujourd'hui « récent » au Liban. Des propos réitérés par Kelli Arena, directrice du Global Center for Journalism and Democracy au sein de l'université américaine Sam Houston State University. « Il est impératif de s'en tenir aux règles de transparence », a-t-elle souligné, en précisant que le centre qu'elle dirige est prêt à apporter le soutien nécessaire aux journalistes libanais.
Économie - Rapport
SKeyes met l’accent sur les failles dans le traitement du dossier gazier
OLJ / le 09 août 2014 à 00h00

