Deux facteurs ont contribué à créer la situation explosive à Ersal, indique à L'Orient-Le Jour une source responsable des Forces libanaises (FL). La première est l'arrestation de Imad Ahmad Jomaa, le responsable du Front al-Nosra, et l'autre la situation des réfugiés syriens au Liban, qui ont été mobilisés à Ersal par les mouvements extrémistes syriens dans « une volonté de créer une diversion au Liban contre le Hezbollah afin de le détourner de ses combats en Syrie ».
Pour cette source, il n'y a aucun doute sur le fait que « ce qui se produit est lié à la bataille du Kalamoun livrée par le Hezbollah ». Pourquoi, sinon, Daech a-t-il attaqué le Liban, alors que la Jordanie, qui est autrement plus importante au plan stratégique, reste intouchée par cette milice ? s'interroge la source FL.
Celle-ci estime que les mouvements extrémistes ont tenté de mettre en application un plan rapide, mais que la contre-attaque de l'armée a mis ces derniers en échec. « L'armée a fait du containment, et Daech ne s'attendait pas à cela », indique-t-elle, s'attendant à ce que les extrémistes se retirent de Ersal sans tenter d'aller plus loin en territoire libanais.
Ce qui inquiète plus cette source, c'est « la question de l'unité interne » et le déséquilibre manifeste au plan communautaire que le Hezbollah est en train de créer. En d'autres termes, le sentiment de frustration sunnite qui monte et qui est désormais paroxystique. C'est pourquoi, souligne-t-elle, il faut que le Conseil des ministres agisse au plus vite. En demandant au Hezbollah de se retirer de Syrie, en verrouillant la frontière et en mettant en application la résolution 1701 avec l'aide de forces internationales. « Si le 8 Mars veut vraiment soutenir l'armée, il doit accepter sans tarder le soutien des forces internationales », insiste la source FL, pour qui la déclaration commune du 14 Mars hier, dont le chef du bloc du Futur Fouad Siniora a donné lecture, est « une véritable feuille de route pour une sortie de crise ».
Interrogée enfin sur les déclarations faites hier par le chef du CPL, Michel Aoun, au sujet « des négociations avec la Syrie », la source FL a indiqué : « C'est le Hezbollah qui a dû lui demander de prendre cette position. Ainsi, il sert de paravent pour faire face à notre proposition concernant la 1701. Il s'agit d'une trahison totale de sa part. »
M.H.G.


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10 h 49, le 06 août 2014