Il ne dit pas ce qu'il pense et ne fait pas ce qu'il dit. Quel niveau de confiance attribuer à une telle personne ? Quelle crédibilité ?
Cela fait près de dix ans que les Libanais peuvent observer l'art des promesses non tenues, des déclarations insensées et irresponsables, et des contradictions dans les engagements proclamés.
Il avait pourtant bien dit vouloir combattre le féodalisme, le népotisme, l'héritage politique familial et la corruption.
Dans son « cercle interne », certains racontent que l'on doit se taire et que l'on ne doit exposer ni idées ni surtout opinions. Parmi ceux qui l'ont quitté, certains affirment qu'il s'agit d'une personne ayant les nerfs à bout, atteint de mégalomanie aiguë. Comment une telle personne pourrait-elle prendre les rênes de tout un pays ?
Non, il ne faut surtout pas que ça soit lui !
L'argument principal, qui est de bénéficier du soutien de nombreux chrétiens, est trompeur et fallacieux. Premièrement, cela n'est probablement pas ou plus vrai. Ensuite, si des partisans lui restent attachés, c'est principalement par opposition à un « autre » qu'ils détestent. Belle maturité d'esprit ! L'autre jour on m'a demandé avec insistance avec qui j'étais. N'ayant pas répondu, on m'a vite catalogué car, le concernant, il est interdit d'hésiter. On m'a défini ainsi : « Tu es contre lui, donc tu es avec l'autre. » Pourtant, comme tout être humain, j'ai le droit de posséder ma propre argumentation logique et un cerveau indépendant de celui de mon irascible interlocuteur. Mais il paraît que « ça ne marche pas comme ça et que je dois choisir ».
Après tant de tergiversations et d'alliances opportunistes nuisibles à l'intérêt du pays, on peut se poser la question : pourquoi y a-t-il encore des gens qui sont « leurrés » pour continuer de croire en lui ? N'est-ce pas eux les premiers fautifs ? N'est ce pas eux qu'il faut plaindre ? Y a-t-il eu lavage de cerveau ?
Dans son livre Échec d'une prophétie (When Prophecy Fails), Léon Festinger explique pourquoi et comment les membres des sectes continuent de croire en leur gourou, malgré de graves erreurs commises ;
par exemple lorsque le gourou annonce la fin du monde et que celle-ci n'a pas lieu. Il explique que les membres ont un très haut niveau de conviction, au point de tout donner au gourou : argent, bijoux, et de lui abandonner leur propre conscience. Il devient alors interdit de douter de leur gourou et « si de plus en plus de gens peuvent être convaincus que le système de croyance est correct, alors il est évident qu'après tout il doit être correct ». Malgré le démenti de la non-réalisation de la « fin du monde », les membres refusaient de reconnaître la réalité et l'échec total du gourou et de ses capacités.
Au lieu de cela, ils raisonnaient ainsi : « Nous devions prier pour l'arrivée de la fin du monde, mais n'avons pas suffisamment prié. » Ou bien : « Nous n'avions pas compris comment nous devions nous préparer. » Bref, c'était toujours de la faute des membres et pas celle du gourou, dont la crédibilité restait intacte. Ces gens avaient donc subi un véritable lavage de cerveau.
En ces temps critiques le Liban a besoin, au sommet de l'État, d'une personne honnête, intègre, équilibrée, constante dans ses convictions et engagements, et capable d'écouter.
Un excellent analyste avait écrit : « Lui président de la République, il permettra au "parti divin" de se renforcer en six ans comme il ne l'a pas fait en vingt, et dynamitera les (infimes) espoirs de la troupe de voir sa capacité militaire dopée. »
Comment donc vouloir de « lui » pour diriger l'État alors qu'il est incapable de se comporter correctement ? Comment vouloir de quelqu'un qui pense et dit : « Moi, et moi seul » ? Est-ce que cela reflète le caractère d'un homme sain, lucide et équilibré ?
Rien que pour cela et pour le bien du Liban, il ne faut pas que ce soit lui.
Mike HELU


Très bonne opinion.
11 h 53, le 05 août 2014