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Économie - Finance

Lisbonne sauve Banco Espirito Santo, mais pas ses actionnaires

Le Portugal s'est réveillé hier avec une nouvelle banque née de la partie saine de Banco Espirito Santo, renflouée par l'État portugais et ses concurrentes, et délestée de ses actifs toxiques, laissés entre les mains des actionnaires.

Carlos Costa, gouverneur de la Banque du Portugal, lors de la conférence de presse hier à Lisbonne. Patricia de Melo Moreira/AFP

Baptisée « Novo Banco », la nouvelle entité bénéficie d'une injection de capital de 4,9 milliards d'euros, dont 4,4 milliards puisés dans l'enveloppe de 12 milliards allouée à la recapitalisation des banques dans le cadre du plan de sauvetage accordé au Portugal en mai 2011 par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).
Les 500 millions d'euros restants seront apportés par le Fonds de résolution alimenté par les banques portugaises, créé en 2012 à la demande de la troïka UE-BCE-FMI afin de faire face à des crises.
Ce dénouement était bien accueilli par les marchés. Alors que le titre Banco Espirito Santo restait suspendu, la Bourse de Lisbonne rebondissait lundi de 1,13 % hier en milieu d'après-midi, et le taux des emprunts portugais à dix ans se détendait dans la matinée à 3,627 % contre 3,701 % vendredi.
« Le plan de sauvetage est positif, car il y a un véritable partage de la charge entre les actionnaires et les détenteurs de dette subordonnée d'un côté, et l'État qui puise dans une partie de ses réserves pour recapitaliser la nouvelle banque », a commenté à l'AFP Alan Lemangnen, économiste de Natixis.

Nouvelles règles européennes
En attendant l'arrivée de l'Union bancaire, les règles européennes prévoient déjà que les actionnaires et créanciers non prioritaires soient mis à contribution dans le sauvetage d'une banque avant qu'une aide de l'État soit sollicitée. La solution annoncée est « celle qui défend le mieux les contribuables mais aussi les clients particuliers et les entreprises qui travaillaient avec BES (Banco Espirito Santo) », s'est félicité le Premier ministre Pedro Passos Coelho.
Sans surprise, les petits actionnaires de BES sont remontés. « Ils sont indignés et se sentent impuissants. Ils ont perdu confiance dans le système financier », a affirmé à l'AFP le président de l'Association des investisseurs du marché de capitaux Octavio Viana.
Deuxième actionnaire de BES après la famille Espirito Santo, la banque française Crédit agricole, qui annoncera ses résultats semestriels aujourd'hui, restait muette après avoir profité de l'augmentation de capital menée en mai pour réduire sa part de 20,1 % à 14,6 %.
La nouvelle banque regroupant les actifs sains de BES sera entièrement détenue par le Fonds de résolution des banques, qui devra rembourser à l'État le prêt de 4,4 milliards d'euros en revendant l'institution, tandis que les « actifs à problème » seront isolés au sein d'une structure de défaisance chargée de les liquider.

« Financement frauduleux »
Parmi ces actifs toxiques figurent la dette à haut risque des trois principales holdings de la famille Espirito Santo, qui ont déposé leur bilan auprès des autorités luxembourgeoises, et les parts de la filiale de BES en Angola.
La chute de cet empire familial présent aussi dans le secteur de l'assurance, l'immobilier, le tourisme et la santé a été provoquée par la découverte d'un « mécanisme de financement frauduleux au sein des sociétés du groupe », a dénoncé le gouverneur de la banque du Portugal, Carlos Costa.
« Il était urgent d'adopter une solution pour garantir la protection des dépôts et assurer la stabilité du système bancaire », a-t-il expliqué, en évoquant « un risque de cessation de paiement » de BES qui « aurait mis en danger le système financier national ».
« Les incertitudes qui menaçaient l'institution ces derniers temps ont été levées », a assuré dans un communiqué le PDG de « Novo Banco », Vitor Bento. Cet économiste renommé a pris les rênes de BES à la mi-juillet après la mise à l'écart de Ricardo Salgado, entre-temps mis en examen dans une affaire de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale.
Depuis, la banque a annoncé une perte semestrielle record de 3,57 milliards d'euros en raison de son exposition à la dette du reste du groupe Espirito Santo, poussant les autorités à intervenir.

Baptisée « Novo Banco », la nouvelle entité bénéficie d'une injection de capital de 4,9 milliards d'euros, dont 4,4 milliards puisés dans l'enveloppe de 12 milliards allouée à la recapitalisation des banques dans le cadre du plan de sauvetage accordé au Portugal en mai 2011 par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).Les 500 millions d'euros restants seront apportés par le Fonds de résolution alimenté par les banques portugaises, créé en 2012 à la demande de la troïka UE-BCE-FMI afin de faire face à des crises.Ce dénouement était bien accueilli par les marchés. Alors que le titre Banco Espirito Santo restait suspendu, la Bourse de Lisbonne rebondissait lundi de 1,13 % hier en milieu d'après-midi, et le taux des emprunts portugais à dix ans se détendait dans la matinée à 3,627 %...
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