Les preuves s'accumulent montrant une convergence du chômage et de l'inflation vers les « cibles » de la Fed. Du côté du marché du travail, l'amélioration n'est plus guère contestée. Même un récent rapport des économistes de la Maison-Blanche excluait une remontée du taux de participation (ce qui aurait poussé le chômage à la hausse, fût-ce pour de bonnes raisons). Au niveau actuel du taux de participation, si les créations d'emploi retournaient à leur moyenne postcrise de 190 000 par mois – bien inférieure au rythme récemment constaté –, le taux de chômage d'équilibre de 5,5 % serait atteint en avril 2015. Du côté de l'inflation, le débat est plus ouvert. Beaucoup à la Fed l'attendent encore un peu au-dessous des 2 % visés à moyen terme, car l'écart de production négatif reste substantiel et les gains de productivité peu dynamiques. Quoi qu'il en soit, le retour rapide vers une situation « normale » au sens du mandat de la Fed doit amener à rendre moins accommodant le ton d'abord, l'action monétaire ensuite.
En juin, les projections du FOMC situaient la première hausse des taux au H2 2015. Les progrès enregistrés depuis lors pourraient un peu avancer ce moment, mais dans ce cas il faudrait que la Fed modifie rapidement sa forward guidance. En juin toujours, le FOMC envisageait que les taux actuels resteraient appropriés pour une « durée considérable » après la fin du QE, dont on sait désormais qu'elle est programmée à la réunion du 29 octobre. Janet Yellen s'était un jour hasardée à définir « considérable » comme une période d'environ six mois... avant de se rétracter. Cela mettrait la première hausse de taux à la réunion du 29 avril 2015 (sans conférence de presse), ou à la suivante le 17 juin (avec conférence de presse). Démarrer un cycle de hausse des taux, après des années de politique hors normes, n'est certainement pas un acte anodin même si le choix d'une date, à quelques semaines près, peut sembler assez anecdotique. Toutefois, plus la Fed laisse les marchés dans l'incertitude, plus elle court le risque de surprendre, causant une surréaction. À la réunion de la semaine prochaine, hormis la nouvelle réduction des achats d'actifs, peu de chose devrait changer dans le communiqué. La principale surprise serait un vote d'opposition.
Économie
Fed : distance face aux objectifs, distance face au resserrement
OLJ / le 26 juillet 2014 à 00h33

