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Nos lecteurs ont la parole - Émile Nasr

Affaire de dignité

Il faut voir nos hommes politiques se bousculer auprès des médias, chahuter jusqu'à dans la rue, jurer la main sur le cœur, se dépêcher de riposter, chapitrer des docteurs, gronder des ex-
ministres, sermonner la république entière. L'objet de ce déchaînement ? Déterminer qui parmi eux est le plus apte à sauver l'Université libanaise. Qui est celui qui a consacré le plus d'effort, consenti à réduire ses prétentions, à annuler un cocktail, à rater un match du Mondial, uniquement pour sauver notre université ?
Nos ministres se sentent incompris, blessés dans leur honneur. Ils sont amers, ne comprennent pas que l'on puisse si mal les juger, eux qui ne veulent que sauver ce qui peut l'être encore. Rien ne calmera leur courroux, ni que Daech se soit invité parmi nous, ni que le ciel ne nous a pas envoyé suffisamment de pluie, que les centrales électriques prennent quatre ans pour être construites, que des fonctionnaires font grève depuis des semaines, que notre pétrole attend toujours d'être exploité...
Non, trois fois non, la langue française doit impérativement renoncer à l'expression « se battre comme des chiffonniers ». Et si l'Académie française veut la remplacer, nous lui suggérerons « agir comme le Conseil des ministres libanais quand il s'agit de sauver l'Université libanaise ». C'est plus long, mais redonnons leur dignité aux chiffonniers.

Il faut voir nos hommes politiques se bousculer auprès des médias, chahuter jusqu'à dans la rue, jurer la main sur le cœur, se dépêcher de riposter, chapitrer des docteurs, gronder des ex-ministres, sermonner la république entière. L'objet de ce déchaînement ? Déterminer qui parmi eux est le plus apte à sauver l'Université libanaise. Qui est celui qui a consacré le plus d'effort, consenti à réduire ses prétentions, à annuler un cocktail, à rater un match du Mondial, uniquement pour sauver notre université ?Nos ministres se sentent incompris, blessés dans leur honneur. Ils sont amers, ne comprennent pas que l'on puisse si mal les juger, eux qui ne veulent que sauver ce qui peut l'être encore. Rien ne calmera leur courroux, ni que Daech se soit invité parmi nous, ni que le ciel ne nous a pas envoyé suffisamment de...
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