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Coupe du Monde - Articles - Football - Demi-Finale

Maracanazo ? No, Mineirazo !

Après sa défaite humiliante, le Brésil est partagé entre « la plus grande honte de l'histoire » et la colère d'avoir été éliminé de « son » Mondial par l'Allemagne (7-1).

Vingt minutes avant la fin du match, les supporteurs brésiliens se sont retirés du stade, écœurés face à la correction infligée par la Mannschaft à la Seleçao (7-0). Seuls quelques indéfectibles ont assisté à la fin de la débandade de leur équipe nationale, qui a toutefois sauvé l’honneur en marquant un but à la dernière minute de jeu. Leonhard Foeger/Reuters

Le Brésil s'est réveillé hier partagé entre honte et colère, au lendemain de la déroute historique (7-1) face à l'Allemagne en demi-finale de la Coupe du monde.
Les journaux brésiliens hésitent entre blanc et noir pour fustiger la prestation de la Seleçao. La une du quotidien sportif Lance ! est restée désespérément blanche, à l'exception de ces quelques lignes en bas de page, à l'adresse du lecteur : « Indignation, révolte, douleur, frustration, irritation, honte, peine, désillusion... Dis ce que tu ressens et fais, toi-même, la une de Lance ! » « La plus grande honte de l'histoire », titrait implacablement l'édition en ligne du quotidien. Honte, vexation, humiliation : les mêmes adjectifs reviennent en énormes caractères gras en une du quotidien O' Globo. Le journal gratuit Métro affiche sur toute sa couverture une photo presque totalement noire, à l'exception, tout en bas de la page, du tableau d'affichage illuminé en vert du stade Mineirao de Belo Horizonte avec ce score inoubliable : Brésil 1, Allemagne 7. Première page toute noire aussi pour le journal populaire Meia Hora avec ce titre en lettres blanches : « Nao Vai Ter Capa » (Il n'y aura pas de une), un détournement du slogan « Nao Vai Ter Copa » (la Coupe n'aura pas lieu) des manifestants anti-Mondial brésiliens.


La presse traduit ainsi le sentiment général des quelque 200 millions de supporteurs brésiliens et même des membres de la Seleçao. Dans l'heure suivant le coup de sifflet final, la présidente Dilma Rousseff s'était déclarée « très, très triste », demandant à ses compatriotes de ne pas « se laisser abattre ». Avant cette défaite humiliante, la pire de l'histoire de la Seleçao, la présidente surfait sur la vague du succès du Mondial, une compétition finalement sans accroc majeur malgré les craintes initiales. Candidate à un second mandat à l'élection présidentielle du 5 octobre, Dilma Rousseff, qui promettait depuis des mois que le Brésil organiserait la « Coupe des Coupes », a même gagné quatre points pendant le Mondial, avec 38 % d'intentions de vote et une solide avance sur ses adversaires politiques. Reste à voir, après le choc de mardi, si Mme Rousseff, favorite des sondages, pourra continuer à dissocier son destin politique de celui de la Seleçao.
Soixante-quatre ans après le « Maracanazo », le drame national qu'avait été cette défaite 2-1 face à l'Uruguay en 1950, au Maracana, synonyme de perte d'un premier titre mondial promis, le Brésil a vécu son « Mineirazo » mardi soir à Belo Horizonte.

 

Euphorie en Allemagne
À l'inverse, l'Allemagne, trois fois championne du monde (1954, 1974 et 1990), baigne dans l'euphorie et rêve de mettre un terme à 18 ans sans succès dans une compétition majeure, depuis l'Euro 96.
Avec 32,57 millions de téléspectateurs en moyenne, cette demi-finale a battu des records d'audience à la télévision allemande. Et les 25 millions de tweets générés lors du 48e Super Bowl (football américain) le 2 février ont été balayés par les 35,6 millions de messages émis pendant la correction infligée à la Seleçao, soit un nouveau record sur le réseau social, tous sports confondus.
L'allégresse a gagné la presse. « 7-1, pas de mots ! » titrait ainsi en une le quotidien populaire Bild, avec une photo de Kroos (double buteur mardi) porté à bout de bras par Khedira. Et le journal de consacrer quasiment une page par but, photo à l'appui, pour faire encore durer ce rêve allemand.
(Source : AFP)

Le Brésil s'est réveillé hier partagé entre honte et colère, au lendemain de la déroute historique (7-1) face à l'Allemagne en demi-finale de la Coupe du monde.Les journaux brésiliens hésitent entre blanc et noir pour fustiger la prestation de la Seleçao. La une du quotidien sportif Lance ! est restée désespérément blanche, à l'exception de ces quelques lignes en bas de page, à l'adresse du lecteur : « Indignation, révolte, douleur, frustration, irritation, honte, peine, désillusion... Dis ce que tu ressens et fais, toi-même, la une de Lance ! » « La plus grande honte de l'histoire », titrait implacablement l'édition en ligne du quotidien. Honte, vexation, humiliation : les mêmes adjectifs reviennent en énormes caractères gras en une du quotidien O' Globo. Le journal gratuit Métro affiche sur toute sa...
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