L'état des bâtiments au Liban, anciens dans leur majorité, et leur résistance en cas de grands séismes ont fait l'objet d'une conférence de presse tenue hier par Youssef Azzam, président de l'Alliance pour la sécurité des bâtiments, et Ziad Akl, président de la Yasa. Un constat sombre et une incertitude se sont dégagés au lendemain du séisme de quatre degrés sur l'échelle de Richter et ses répliques, qui ont secoué le Liban le week-end dernier.
M. Azzam a précisé d'emblée que le Liban est classé dans la « zone 2 » en matière de séismes, c'est-à-dire qu'il est à risque moyen. « Mais il est possible que le pays connaisse des secousses de 6 ou de 7 degrés, dont l'impact le plus important sera le risque d'effondrement de bâtiments, a-t-il poursuivi. Le tremblement de terre est un événement naturel qu'on ne peut pas arrêter, mais on peut appliquer des mesures préventives pour protéger la population. »
M. Azzam a fait référence à une étude sur les bâtiments et leur répartition géographique. « Il y a deux types de bâtiments, anciens et nouveaux, a-t-il précisé. Pour ce qui est des seconds, ils sont soumis à un nouveau décret sur la sécurité publique et la prévention des séismes. La plupart des permis de construire passent désormais par l'ordre des ingénieurs, mais le plus important reste la surveillance de l'application du décret sur le terrain. Or il y a des points d'interrogation autour de la qualité du béton employé, de la quantité de fer, de la conformité des matériaux de construction aux normes antisismiques... Pour ce qui est des bâtiments anciens, ils ont en majorité été construits dans les années 60 et 70, sans que la loi d'alors n'impose des normes strictes de sécurité publique. Ces bâtiments, qui représentent environ 80 % des constructions au Liban, ont connu une longue guerre, des étages y ont été ajoutés illégalement, ils ne sont pas soumis à un entretien régulier... En cas de séisme de 6 ou 7 degrés, ces immeubles, qui abritent une majorité de Libanais, sont en danger. »
Il a souligné la nécessité de la création de comités pour la surveillance de l'état des bâtiments et l'organisation d'exercices réguliers dans les écoles, les universités et autres institutions pour renseigner la population sur les règles à suivre en cas de grand séisme.
Pour sa part, Ziad Akl a déploré que « l'entretien des bâtiments soit quasi inexistant au Liban ». « Les immeubles, les différentes installations et les routes sont en danger en cas de séisme, a-t-il rappelé. Dans le monde, il est bien connu qu'il faut prendre des mesures de précaution dans les bâtiments publics, les hôpitaux, la Défense civile et sur les routes embouteillées afin d'assurer un passage aux équipes de secours en cas de catastrophe. » Pour lui, il faut que le gouvernement mette en place des équipes de recensement qui surveillent l'état des bâtiments chaque année, estimant que plus de 16 000 d'entre eux sont en danger en cas de séisme majeur. Il s'est demandé quelle serait la capacité de l'État à faire face à des dégâts de cette ampleur et quel est le niveau de préparation de la Défense civile.
Liban
Danger sismique : pour la création de comités de surveillance de l’état des bâtiments
OLJ / le 10 juillet 2014 à 00h00

