« Je ne suis pas convaincu que le seul moyen est d'avoir recours aux avances au Trésor. » C'est en ces termes que le ministre des Finances Ali Hassan Khalil a réitéré la nécessité de mettre en place un cadre légal qui régule les dépenses de l'État, notamment en l'absence de budget.
À l'issue de la réunion de la commission parlementaire des Finances et du Budget présidée par le député Ibrahim Kanaan, le ministre Khalil est revenu sur son refus d'avoir recours une fois de plus à des avances au Trésor ; une pratique qui avait été banalisée depuis 2011.
De son côté, le ministre d'État pour la Réforme administrative Nabil de Freige a déploré le fait que le dossier des salaires et traitements des fonctionnaires soit devenu otage des dissensions politiques. Dans un entretien accordé à la Voix du Liban, il a rappelé que la loi sur la comptabilité publique approuvée en 2006 prévoit le devoir de payer les salaires de la fonction publique sans avoir recours à une loi spéciale approuvée par le Parlement. « Le débat autour de l'impossibilité de payer les fonctionnaires ne tient donc pas la route », a affirmé M. de Freige. Même son de cloche pour le député du courant du Futur Ghazi Youssef qui a indiqué hier que les salaires des fonctionnaires seront payés « dans un cadre légal à travers le Conseil des ministres, que le ministre des Finances approuve ou pas ». « Les articles 26 et 32 de la loi sur la comptabilité publique prévoient d'avoir recours à des avances au Trésor, et c'est ce qui est attendu aujourd'hui du Conseil des ministres », a-t-il ajouté. Enfin, Ghazi Youssef a souligné que si le ministre Khalil refusait de signer ces avances, il serait tenu responsable de ses actes.
Le président du Comité de coordination syndicale (CCS) Hanna Gharib a affirmé pour sa part que les salaires des fonctionnaires représentent « une ligne rouge à ne pas franchir ». « Nous sommes les premiers à revendiquer des lois claires qui régissent et assainissent les finances publiques, mais il n'est pas question de ne pas payer les droits des fonctionnaires quelle que soit la situation », a-t-il martelé. Le responsable syndical a également remis en cause le fait que le débat autour des avances au Trésor se fasse uniquement lorsqu'il s'agit de payer les fonctionnaires, mais pas lorsque vient le moment de payer aux banques le service de la dette.
Rappelons que le dossier autour du paiement des salaires et traitements des fonctionnaires est au-devant de la scène politique et médiatique depuis que le quotidien al-Akhbar a publié samedi un article qui laisse entendre qu'il y aurait un manque de liquidités pour financer les salaires de la fonction publique. Le ministre Khalil s'était empressé de démentir l'information, en expliquant que le problème ne réside pas dans un manque de liquidités, mais dans l'absence de lois qui régissent les dépenses de l'État.
Économie - Liban - Salaire Des Fonctionnaires
Dissensions politiques autour des avances au Trésor
OLJ / le 09 juillet 2014 à 00h00

