La grand Miles Davis : au commencement était le son.
« Écouter Miles Davis hier à Baalbeck (...) c'est la musique qui échappe à toute classification (...) C'est La Nouvelle-Orléans qui, après avoir rompu avec tous les conformismes, décide de rejoindre la tradition des folklores et d'adopter une attitude agressivement prospective. C'est Orphée ruant dans les brancards. C'est le jazz en rupture de ban (...)
Il serait aisé de faire œuvre de littérateur à propos de Miles Davis. Parler de sa trompette aux sonorités épurées de toute onctuosité et qui, en perdant de la densité, a passé de l'état compact à une sorte d'état poreux (...)
Miles Davis hier, c'était tout cela certes, mais c'était aussi mieux, l'entrée par la grande porte d'une certaine musique contemporaine gorgée de chaleur, repue de vie (...)
Ce que n'avait pas pu réaliser le swing de la décadente Ella Fitzgerald, la subtile perfection sonore du jazz précieux et perlé du Modern Jazz Quartet ou encore les habiles performances du fantasque Dizzy Gillespie a pu enfin être réalisé hier par ce merveilleux empêcheur de jazzer en rond. »


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