L'Irak et la Syrie sont des régions en guerre civile. Les risques de retombées sur la scène libanaise sont plus que probables. Le manque d'unité nationale, en plein vide constitutionnel, rend le pays plus vulnérable encore à toute éventuelle secousse. La presse internationale concentre ses commentaires aux mouvements des belligérants sur le terrain. Elle se focalise sur les interviews de multiples spécialistes ainsi que de responsables de la région. Elle va, grâce à ses caméras, donner à voir le macabre acharnement de ceux qui s'obstinent à éliminer la présence et le sens de toutes les diversités culturelles et religieuses. Eux ont décidé de dynamiter la norme du possible pour installer la finalité du non-choix. Le noir total serait marqué par un cauchemar climatisé : celui de l'exclusion de tous ceux qui n'adhérent pas au fanatisme extrême. Néanmoins, pour le citoyen du monde, la lecture des douloureux événements traduit aussi de profondes inquiétudes, à un niveau différent. Celui que l'on évoque moins souvent mais qui concerne la responsabilité des dirigeants de grandes nations. De quels poids, de quelle stature va-t-on parler pour pointer le rôle favorable, néfaste ou sous appellation contrôlée de chefs de grandes puissances ? Jusqu'à quand le monde reconnaîtra-t-il la « légitimité du fait accompli » de certaines visées ? Les fausses preuves pour des guerres déclarées restent gravement impunies. Les plus importants détenteurs de pouvoirs militaires, économiques et géostratégiques décident du sort de la politique internationale sous le couvert mensonger de promouvoir et de préserver le modèle de la démocratie. Le déséquilibre sécuritaire et géopolitique au Moyen-Orient menace la stabilité du rythme de vie dans nombre de pays exportateurs de terrorisme. Néanmoins, la place du facteur humain, et donc des populations, n'est qu'un problème parmi d'autres. Servirait-il à rééquilibrer le bipolarisme des géants face à des pays victimes ? L'ordre mondial, c'est des têtes qui meuvent leurs pions sur plusieurs échiquiers. La presse mondiale devrait également dévoiler les noms de ces cerveaux qui regardent faire pour pouvoir comprendre la part de la terrible forme et celle du fond cynique lorsque des crimes atroces sont commis contre l'humanité.
Joe ACOURY

