La Banque centrale européenne (BCE) s'est dit prête à soutenir la fragile reprise économique de la zone euro, mais a prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à des initiatives de sa part à chacune de ses réunions de politique monétaire, dont la fréquence sera réduite et la teneur des débats rendue publique à compter du début de l'année prochaine.
À l'issue de son conseil des gouverneurs qui s'est tenu hier, la BCE a laissé inchangés ses taux directeurs, un mois après les avoir abaissés à de nouveaux plus bas records, avec notamment un taux de dépôt passé en territoire négatif.
L'institut d'émission avait abaissé début juin son taux de refinancement à 0,15 % et ramené son taux de dépôt à -0,1 %, deux seuils historiquement bas. Le taux de prêt marginal, abaissé le mois dernier à 0,4 %, a également été maintenu à ce niveau.
La BCE a aussi précisé dans la journée les modalités des opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO), elle aussi annoncées le mois dernier dans le but de soutenir le crédit aux entreprises.
« La combinaison des mesures de politique monétaire décidées le mois dernier a conduit à un nouvel assouplissement dans l'orientation de la politique monétaire », a déclaré le président de la BCE lors de sa traditionnelle conférence de presse mensuelle. « Les opérations monétaires qui auront lieu dans les prochains mois renforceront cet assouplissement et soutiendront le crédit bancaire », a poursuivi Mario Draghi en référence aux TLTRO qui débuteront en septembre. « Au fur et à mesure que nos mesures se transmettront à l'économie, elles contribueront au retour de taux d'inflation à des niveaux plus proches de 2,0 %. »
Gérer les anticipations
Le taux d'inflation au sein de la zone euro est ressorti à 0,5 % le mois dernier, bien en dessous de l'objectif de la BCE d'une hausse des prix inférieure mais proche de 2 % à moyen terme, faisant craindre que les pressions déflationnistes n'étouffent la faible reprise de l'économie du bloc.
Mario Draghi a aussi souligné que les risques entourant les perspectives économiques pour la zone euro demeurent orientés à la baisse, citant les risques géopolitiques et l'évolution des conditions sur les marchés financiers internationaux.
Il a réaffirmé que le conseil des gouverneurs était unanime dans son engagement à recourir à de nouveaux instruments non conventionnels comme des rachats d'actifs, si l'inflation ne parvenait pas à remonter. Il a redit que les principaux taux directeurs de la BCE resteraient à leurs niveaux actuels pendant une période prolongée au regard des perspectives actuelles d'inflation.
Tout en soulignant que le travail de la BCE est très loin d'être terminé, Mario Draghi a toutefois prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à des initiatives de la part de l'institution à chacune des réunions de politique monétaire de son conseil des gouverneurs. « La question est de savoir s'il doit y avoir chaque mois et tous les mois des anticipations d'initiatives » de la part de la BCE, a-t-il dit.
Le conseil des gouverneurs a d'ailleurs pris la décision de réduire la fréquence des réunions de politique monétaire, qui se tiendront toutes les six semaines et non plus tous les mois à compter de janvier 2015. À l'instar de la Fed et de la Banque d'Angleterre, la BCE publiera à partir de la même date le compte-rendu de ces réunions de politique monétaire.
(Source : Reuters)

