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Économie

Le désendettement de la France est-il possible ?

Tout le monde l'a sans doute oublié, mais en 2006, la France avait un endettement public qui, à 64 % du PIB, était plus bas que celui de l'Allemagne (68 %). Désormais, en ce domaine, la France n'appartient plus du tout au « cœur » de la zone euro et s'est approchée du groupe des pays périphériques où le ratio de dette/PIB se mesure à trois chiffres.
Une dette publique avoisinant 100 % du PIB soulève plusieurs problèmes. D'abord, le service de la dette absorbe plusieurs points de PIB, même quand les taux d'intérêt sont bas (comme aujourd'hui). La ressource publique pourrait sans doute avoir un usage plus productif, comme des investissements d'infrastructure ou de recherche.
De plus, la trajectoire future d'une dette élevée est très sensible à un changement des conditions économiques ou financières. Échaudés par les crises récentes, les investisseurs sont plus attentifs que par le passé à la question de la solvabilité de l'État. Garder une dette élevée bride donc les capacités de stabilisation budgétaire en cas de retournement du cycle. Ces arguments sont plutôt keynésiens. Mais on peut aussi considérer la thèse ricardienne qui fait de la dette l'équivalent d'une masse d'impôts futurs. À ce titre, plus la dette est élevée, plus elle ponctionne la création de richesses du secteur privé sans bien-être additionnel pour la société.
Il est d'usage en France de voir les règles budgétaires de l'UE comme un carcan imposé par une autorité extérieure illégitime, la Commission non élue. En réalité, le désendettement n'est pas affaire d'idéologie mais d'efficacité économique. Un récent rapport (France Stratégie) commandité par le gouvernement considère possible de réduire la dette à 75 % du PIB en 2025 par un effort sur les dépenses primaires, qui sont très supérieures à ce qu'on voit dans les autres pays européens. L'hypothèse de croissance nominale retenue dans ce rapport est raisonnable (3 %), mais d'après nos estimations, cet objectif de 75 % suppose un multiplicateur budgétaire très bas, autrement dit il fait reposer l'ajustement sur la correction de gaspillages. Avec une croissance moindre ou un multiplicateur plus élevé, le désendettement serait assez nettement ralenti.

Tout le monde l'a sans doute oublié, mais en 2006, la France avait un endettement public qui, à 64 % du PIB, était plus bas que celui de l'Allemagne (68 %). Désormais, en ce domaine, la France n'appartient plus du tout au « cœur » de la zone euro et s'est approchée du groupe des pays périphériques où le ratio de dette/PIB se mesure à trois chiffres.Une dette publique avoisinant 100 % du PIB soulève plusieurs problèmes. D'abord, le service de la dette absorbe plusieurs points de PIB, même quand les taux d'intérêt sont bas (comme aujourd'hui). La ressource publique pourrait sans doute avoir un usage plus productif, comme des investissements d'infrastructure ou de recherche.De plus, la trajectoire future d'une dette élevée est très sensible à un changement des conditions économiques ou financières. Échaudés par...
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